A Londres, se débarrasser de sa collection porno en toute discrétion

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Sur simple appel, l'entreprise se déplace pour venir récupérer la marchandise à votre domicile. (Rynio Productions/shutterstock.Com)
Sur simple appel, l'entreprise se déplace pour venir récupérer la marchandise à votre domicile. (Rynio Productions/shutterstock.Com)

(AFP) - Se débarrasser de sa vieille collection de revues ou de films porno en toute discrétion: c'est ce que propose une entreprise de Londres qui rachète et détruit de manière très professionnelle ces trésors enfouis mais potentiellement embarrassants.

Papy vient de mourir et voilà que la famille tombe, au fin fond de l'armoire, sur sa collection coquine, couvée dans le secret depuis des décennies. Que faire ?

Léguer l'ensemble aux enfants ? Tout jeter à la poubelle ? Faut-il prévenir mamie ? Ces questions, rarement évoquées autour de la table familiale, se posent pourtant régulièrement. Une entreprise propose aujourd'hui d'y répondre.

Il y a neuf mois, Dave, 55 ans, a fondé "we buy any porn" (nous achetons n'importe quel porno). Le titre annonce la couleur. Le principe de départ est ultra simple: "une certaine génération d'hommes arrive vers la fin de sa vie" et "il y a du porno un peu partout, dans les greniers, les cabanons et sous les lits".

"Imaginez que vous retrouvez mille exemplaires. On ne peut pas tout simplement tout balancer à la poubelle, c'est trop lourd. Et puis les gens ont peur que les enfants, les voisins ou même les éboueurs le découvrent. C'est alors que j'interviens", explique Dave, qui préfère ne pas donner son nom de famille, à l'AFP.

 

- 'Rapide et discret' - 

Sur simple appel, il se déplace au volant de sa fourgonnette -"banalisée", insiste-t-il- pour venir récupérer la marchandise à votre domicile. Des revues mais aussi des vieux films, des cassettes VHS ou des posters.

Le matériel qu'il juge intéressant, il propose de le racheter pour le revendre dans sa librairie érotique à Islington, au nord de Londres. "Il y a des beaux trucs, dit-il. Des classiques comme PlayBoy, Penthouse ou Mayfair."

Le reste, il l'emmène à titre gracieux pour tout réduire en miettes grâce à un broyeur professionnel. "Rapide, discret et efficace", annonce webuyanyporn.com.

Freddy, un client de Dave, a trouvé le service parfait. "Lorsque mon père est mort, ma soeur a vidé la maison et est tombée sur sa collection. Rien de sale hein, que des revues traditionnelles. Mais elle était gênée et était d'avis qu'il valait mieux que maman ne soit pas au courant. Elle m'en a parlé et comme je connaissais Dave, je savais quoi faire", explique-t-il à l'AFP.

 

- Coup de fil d'un prêtre - 

Dave, qui travaillait dans le milieu depuis quarante ans, est très satisfait du succès de son entreprise. A l'origine, il voulait enrichir sa librairie, un modèle du genre, où on peut trouver des revues coquines avec Brigitte Bardot, Ursula Andress ou Raquel Welch en couverture. Il s'est vite rendu compte que "webuyanyporn" répondait "à un vrai besoin de se débarrasser de la collection de la famille".

Même un prêtre a eu besoin de ses services. "Il appelait de la côte sud, je ne peux pas en dire davantage. Sa paroisse louait quelques maisons à des vieux gentlemen et lorsque l'un d'eux est mort, le prêtre s'est retrouvé d'un coup avec tout un tas de revues pornos sur les bras. Je lui a donné une belle somme pour la collection et ils ont payé les obsèques avec", raconte Dave.

Aussi ravi soit-il, il pense aussi que le succès de son entreprise ne sera pas éternel. "A cause d'internet", peste-t-il. "Quand j'étais gamin, on était heureux de mettre la main sur un PlayBoy ou un Mayfair. Aujourd'hui, il suffit d'un clic pour visionner le porno le plus extrême sur son smartphone".

Dave dit même avoir été interviewé par "un journaliste de 22 ans" qui n'avait "encore jamais vu une revue porno". L'aveu l'a laissé pantois : "Je trouve ça dommage, internet a tué la surprise, la mystique et le glamour." 

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  • coche123 le vendredi 28 aout 2015 à 09:34

    what a news ! les brocanteurs font ça depuis des siècles sans que cela fasse l'objet d'un article.