À Londres, on achète l'appartement du voisin pour mieux vendre le sien

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Selon Bloomberg , cette pratique est en pleine expansion dans les beaux quartiers de la capitale britannique. Ces transactions entre voisins permettent aux propriétaires de doubler la valeur de leur bien.

Acheter l'appartement de son voisin pour agrandir son bien. Voici la dernière tendance à Londres pour optimiser les ventes immobilières. Si certains beaux quartiers sont très convoités, ils ne correspondent pas toujours aux attentes des clients aisés à la recherche de propriétés spacieuses. Comme il est difficile d'agrandir ces maisons parfois vieilles de plus d'un siècle, les propriétaires cherchent à gagner de la place en rachetant l'appartement ou la maison du voisin.

Dans le quartier de Kensington & Chelsea , qui abrite le Royal Albert Hall, l'une des salles de spectacles les plus célèbres au monde, le nombre d'appartements combinés a triplé depuis l'année dernière et la mairie a déjà reçu 27 demandes de rapprochement sur les deux premiers mois de 2014.

Le pied carré (0,09 m²) d'un appartement dans l'un des quartiers les plus recherchés du centre de Londres vaut 1500 livres (1800 euros), a déclaré Oliver Hooper, directeur du courtier Huntly Hooper, interrogé par Bloomberg . En associant quatre appartements, le prix explose et peut atteindre jusqu'à 4000 livres le pied carré (4820 euros). Une fois les travaux effectués, la plus-value est de l'ordre de 30%, estime-t-il. Ces opérations se font très simplement: «les propriétaires vont voir leur voisins de palier ou ceux qui habitent juste au-dessus pour leur poser une seule question: 'Seriez-vous prêts à vendre votre bien?'», poursuit Oliver Hooper.

Le maire de Londres opposé à ces projets de fusion

L'opération du milliardaire John Caudwell est sans doute la plus emblématique. Cet homme d'affaires qui a fait forturne dans la téléphonie mobile a obtenu l'autorisation de relier deux maisons près de Curzon Street. La nouvelle demeure mesurerait plus de 4600 m² (50.000 pieds carrés).

Mais ces projets de fusion pourraient se heurter aux exigences de la mairie soucieuse de la pénurie de logements. Des regroupements pourraient ainsi être interdits. Le conseil municipal de la cité de Westminster qui regroupe en partie les beaux quartiers Mayfair et Belgravia, a déclaré en janvier qu'il pourrait restreindre les extensions qui représenteraient plus de 50% de la surface du bien d'origine.

Londres, capitale la plus chère d'Europe

Un tel succès peut s'expliquer par le fait que la capitale britannique n'a jamais été autant plébiscitée par les investisseurs étrangers. Selon The World Wealth Report, Londres était fin 2013 la ville la plus recherchée des High Net Wealth Individuals (les personnes dont le patrimoine hors résidence principale est supérieur à un million de dollars et inférieur à 5 millions de dollars. NDLR) devant New York et Hong Kong. Cet engouement pour l'immobilier de luxe a fait s'envoler les prix (+7% l'année dernière) au point que les observateurs craignaient même de voir une bulle immobilière.

Illustration des prix exorbitants qui peuvent se pratiquer dans la capitale la plus chère d'Europe: le groupe John Taylor a réussi à vendre un appartement de 390 m² au huitième étage d'un complexe situé dans le quartier de Knightsbridge, pour 27 millions de livres (32 millions d'euros), soit 82.000 euros le mètre carré.

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  • eskimmo le lundi 14 avr 2014 à 10:15

    Ca sent bon le blanchiment tout ça