À Londres, le Palais de Westminster menace de s'effondrer

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Le Parlement britannique, menacé par la vétusté, nécessite des travaux herculéens de rénovation qui pourraient s’étaler sur quarante ans. La facture atteindrait 10 milliards d’euros.

Eboulements, fuites d’eau, risques d’incendie et d’inondation, amiante, rats et souris… le palais de Westminster craque de toutes parts. Le bâtiment qui abrite les deux chambres du Parlement britannique a un besoin urgent de travaux de fond en comble, sans cesse reportés depuis des décennies.

Selon un rapport commandité par le Parlement au cabinet de conseil Deloitte, la facture pourrait coûter jusqu’à 7,1 milliards de livres (9,9 milliards d’euros). Le document envisage plusieurs options pour ces travaux monumentaux. La première et la plus coûteuse consisterait à rénover par phases pendant que les élus continueraient à occuper les lieux. Revers de la médaille: le chantier pourrait s’étaler sur 40 ans. A l’inverse, la solution la plus efficace consisterait à déménager députés et lords pendant six ans pour une rénovation d’ampleur qui coûterait 3,9 milliards de livres (5,4 milliards d’euros).

Il aurait fallu le détruire

Les parlementaires trainent les pieds devant cette solution qui les bouterait hors de l’édifice emblématique de la démocratie britannique. Le moderne centre de conférences Queen Elizabeth II, voisin, pourrait les accueillir pendant ce temps. Une délocalisation des assemblées en province est également envisagée, mais rendrait le travail législatif complexe: le gouvernement devrait aussi se déplacer.

Construit durant la deuxième moitié du XIXe siècle, le palais de Westminster est aussi vétuste que son style gothique semble le suggérer.0euvre des architectes Charles Barry et Augustus Pugin, achevée après leur mort en 1871 près de quarante ans après le début de la construction, il rend hommage aux origines médiévales de la «mère des parlements». C’est le bâtiment majeur de l’ère victorienne, qui définit le paysage londonien avec la célèbre tour de Big Ben. S’il n’était pas classé monument historique et au patrimoine de l’Unesco, plusieurs spécialistes estiment qu’il faudrait le détruire pour le reconstruire selon des normes modernes.

Les dernières rénovations importantes datent des bombardements de la seconde guerre mondiale. Depuis, les services généraux du Parlement parent au plus pressé. Certains députés ont des seaux dans leur bureau car le toit n’est plus étanche. L’humidité pénètre les murs et entraîne un effritement de la pierre sur les façades. La Tamise voisine menace d’inondations. Les normes incendie sont loin d’être respectées.

Deux fois moins de places que le nombre de députés

L’édifice compte environ 3400 fenêtres mais aussi une quarantaine de salles sans lumière naturelle. Les bancs de la Chambre des communes contiennent deux fois moins de places que le nombre total de députés, forçant certains à se tenir debout près de l’entrée et privant les autres de séances. Les élus doivent se presser le matin pour retenir leurs places. Leurs bureaux s’étendent dans différentes annexes du quartier de Westminster, ce qui les force à un sprint à chaque fois qu’ils doivent aller voter, en moins de huit minutes, quand retentit la cloche.

Les deux chambres doivent désormais se prononcer au printemps 2016 sur la solution retenue. Les travaux ne commenceraient au mieux qu’en 2020, après les prochaines élections. D’ici là, les services généraux de Westminster continuent de vivre sur la brèche.

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