À Londres, des étudiants en pleine «grève» des loyers

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Dans la capitale britannique, plus de 1000 étudiants ont rejoint ce mouvement de grève entamé pour protester contre le prix exorbitant des loyers. Leur mot d’ordre : «Cut the Rent.»

Si nous vous apprenions il y a quelques semaines qu’en France, la première date historique du premier non-paiement de loyer remonte à 1871, la capitale britannique est présentement en train de vivre un tout autre phénomène. Mai 2016. La grève des loyers. Ce n’est un secret pour personne: à Londres, les locataires s’arrachent les cheveux pour pouvoir payer leur loyer. La presse britannique se fait régulièrement l’écho de scandales immobiliers, avec nombre d’articles sur des locataires à qui l’on propose des chambres-placards sous l’escalier, dignes de celle d’Harry Potter.

Pour acheter, la situation n’est guère plus enviable... Un appartement de 7 mètres carrés présenté comme «le moins cher» de Londres a ainsi été vendu 79.000 livres (100.000 euros) à Clapton, quartier populaire de l’est de la ville. Dans les résidences étudiantes, la situation est devenue critique. Pour protester, la campagne «Cut the Rent» (Réduisez les loyers) a été lancée en octobre dernier par des étudiants londoniens en difficulté. Plus de 1000 étudiants ont désormais rejoint le mouvement, et font la «grève» des loyers.

La campagne a commencé «lorsque les étudiants se sont rendus compte que les loyers avaient augmenté de près de 50% depuis 2010», a expliqué à L’Obs un membre du mouvement.

Un million de livres de loyers non déboursés

En tout, c’est environ 750 étudiants de l’University College London (UCL), ce qui représente environ 15% des résidents de ses résidences, qui se sont engagés à ne pas payer leur loyer du troisième trimestre. Et ce n’est pas fini: selon Pi Media, le journal en ligne des étudiants de l’UCL, c’est 300 étudiants de l’Université Goldsmiths ainsi que des dizaines de Roehampton et de l’Institut Courtauld qui se sont aussi engagés à faire de même! Si ces étudiants tiennent leur engagement, c’est près d’un million de livres de loyers qui ne seront pas déboursés.

Si les loyers de ces résidences sont extrêmement élevés, on pourrait espérer que les chambres soient dans un état irréprochable... Ce qui n’est pourtant pas le cas. Il y a quelques jours, le mouvement Cut The Rent a publié sur sa page Facebook des photos où l’on voit un plafond qui s’est effondré dans un couloir. Un incident qui rappelle qu’en novembre dernier, des étudiants de l’UCL avaient obtenus près de 380.000 euros parce qu’ils vivaient dans des chambres insalubres, expliquait à l’époque le Guardian.

Une ambiance à des années lumière de cette résidence de luxe, dans le très chic quartier de Mayfair, où un ancien immeuble de bureaux réhabilités en résidence étudiante de luxe affiche des prix records: entre 12.300 et 28.000 euros mensuels!

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