A la Nouvelle-Orléans, se téléporter dans un quartier pas comme les autres

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COUP DE COEUR - Régulièrement, Carole Papazian vous entraîne dans un lieu hors normes. Après le dernier en date, une rhumerie colorée en Martinique rénovée, cette fois top départ pour un voyage dans le temps en Louisiane entre les lignes de John Kennedy Toole.

Que ce soit clair. C’est une idée un peu loufoque. Une idée un peu tirée par les cheveux. Mais qui m’a été soufflée par le petit génie malicieux, le hasard, qui m’a fait tomber l’autre jour sur un livre, «la conjuration des imbéciles» écrit par un certain John Kennedy Toole à la fin des années soixante. Un livre prix Pulitzer 1981 qu’il n’a pu faire éditer de son vivant et que sa mère a fait publier après le suicide de celui qui se croyait un écrivain raté...

Plongez dedans avec délice, vous allez voyager, découvrir une ville, des odeurs, des humeurs, vous vous transporterez dans un tout autre univers, celui de la Nouvelle Orléans, avec ses maisons à l’architecture coloniale, ses rues dont les habitants épient les faits et gestes de leurs voisins. Et surtout vous entrerez dans un esprit pas comme les autres. Atmosphère, atmosphère. Lisez plutôt.

«Malgré la fraîcheur et l’humidité des derniers jours, l’après-midi se teintait de cette chaleur soudaine et surprenante qui adoucit toujours les hivers de la Nouvelle-Orléans (...) L’agent de police Mancuso, inhalant l’odeur de moisi qui émanait des chênes, songeait, en un aparté romantique, que St Charles Avenue devait être le plus charmant endroit du monde. De temps à autre, il doublait un lent tramway qui semblait ne se rendre nulle part mais bien plutôt se promener au hasard entre les vieilles demeures qui bordaient l’avenue. Tout semblait si calme, si prospère-si peu suspect. (...). Il atteignit un groupe de maisons bâties entre 1880 et 1900, reliques de l’âge d’or, façades de bois en faux gothique, dégoulinantes d’ornements déglingués, stéréotypes banlieusards des demeures nouvelle-orléanaises du boss Tweed, séparées les unes des autres par d’étroites ruelles, cernées de grilles de fer forgé délabrées et de murets de briques à demi ruinés. les plus grandes bâtisses avaient été transformées en immeubles improvisés, abritant plusieurs appartements. La véranda y formait une pièce supplémentaire. Dans quelques jardins, des préfabriqués d’aluminium servaient de garage et de brillants volets du même métal avaient été adjoints à deux ou trois maisons. C’était un quartier qui, de victorien, devenait peu à peu n’importe quoi, un pâté de maisons qui avait pénétré dans le XXe siècle sans soin et sans idée directrice- et avec de très petits moyens. L’adresse à laquelle se rendait l’agent de police Mancuso était celle de la plus petite construction du quartier, si l’on excepte les garges d’aluminium. Une maison lilliputienne des années 80 de l’autre siècle...»

Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, c’est là qu’habite, avec sa maman, Iganitus J. Reilly, un incroyable personnage... ( «La conjuration des imbéciles,» de John Kennedy Toole, collection 10/18 domaine étranger). Et pour les férus d’immobilier, et pas seulement de (bons) bouquins, sachez qu’une maison en bon état dans le quartier Saint Charles de la Nouvelle Orléans se vend autour de 215.000 dollars.

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