A la manifestation parisienne contre le sida, l'amertume des militants

le
0
Les affiches de la campagne gouvernementale de prévention contre le VIH montrant des couples homosexuels ont été retirées dans une dizaine de villes.
Les affiches de la campagne gouvernementale de prévention contre le VIH montrant des couples homosexuels ont été retirées dans une dizaine de villes.

L’épidémie de VIH continue de progresser chez les jeunes et les homosexuels et les associations de lutte contre la maladie se sentent délaissées par les pouvoirs publics.

« On va encore attraper froid mais on est là ! » Jeudi 1er décembre, en début de soirée, le thermomètre affichait 0 °C. Alors, cette année encore, les militants anti-sida ont fait contre mauvaise fortune bon cœur. Depuis vingt-cinq ans, à l’initiative d’Act Up-Paris, les manifestants battent le pavé à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida, afin d’alerter l’opinion et les pouvoirs publics sur les enjeux de la pandémie.

Une mise en lumière primordiale pour le milieu associatif, à l’heure où les contaminations par le VIH ne diminuent pas et augmentent même chez les plus jeunes et les homosexuels. En 2015, 43 % de l’ensemble des nouveaux cas concernaient des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), selon des chiffres publiés mardi 29 novembre par l’Agence nationale de santé publique.

Rassemblées sur le parvis de l’Hôtel de Ville, à Paris, les quelque 200 personnes présentes ce soir-là ont emprunté les rues du Marais voisin pour se diriger vers la place Baudoyer. Soit un parcours d’environ un kilomètre. « C’est court. Trop court, estime, amer, Mikaël Zenouda, président d’Act Up-Paris. A la base, les autorités voulaient que la marche soit remplacée par un rassemblement statique avec des filtrages et des barrières partout. »

Pour justifier ces mesures, la préfecture a mis en avant l’arrestation récente de terroristes qui projetaient de passer à l’acte le 1er décembre. « Un bras de fer inacceptable », selon l’association, qui, état d’urgence obl...

Retrouvez cet article sur LeMonde.fr


Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant