A la Concorde, les partisans de Sarkozy veulent encore y croire

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À LA CONCORDE, LES PARTISANS DE NICOLAS SARKOZY VEULENT ENCORE Y CROIRE
À LA CONCORDE, LES PARTISANS DE NICOLAS SARKOZY VEULENT ENCORE Y CROIRE

par Emmanuel Jarry et Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont apporté dimanche après-midi sur la place de la Concorde, au coeur de Paris, leur soutien à Nicolas Sarkozy, dont la campagne pour l'élection présidentielle marque le pas depuis quelques jours.

Le président sortant monte à la tribune à 15h30 avec une demi-heure d'avance sur l'heure prévue, pour tenter de griller son adversaire socialiste François Hollande, qui devait prendre la parole au même moment sur l'esplanade de Vincennes.

"Mes chers amis, ils pensaient que vous ne viendriez pas, ils pensaient, peut-être même espéraient-ils, que le peuple de France ne serait pas au rendez-vous. Et le peuple de France est venu puisque le peuple de France est là", lance-t-il.

Il dit avoir donné rendez-vous à "la France qui ne proteste pas, qui ne casse pas et qui en a assez que l'on parle en son nom avec des idées qui ne sont pas les siennes".

Et il en appelle, à une semaine du premier tour, à cette "majorité silencieuse" pour faire mentir des sondages qui donnent François Hollande vainqueur au second tour, le 6 mai.

En attendant leur champion, des participants, arrivés par autocars entiers, drapeaux tricolores au vent sous un ciel plombé, n'hésitaient pas à se dire inquiets quant à ses chances d'être réélu. Mais tous voulaient encore y croire.

Certains ont croisé sur les quais de la gare de Lyon à l'arrivée de leur TGV, des partisans du candidat socialiste, qui tenait au même moment, à quelques kilomètres à vol d'oiseau, un meeting concurrent en plein air.

Les premiers arrivants place de la Concorde, là où le chef de l'Etat avait fêté sa victoire le 6 mai 2007, ont également pu apercevoir en début d'après-midi les retardataires du Marathon de Paris trottinant le long de la Seine.

BATAILLE DE CHIFFRES

Parmi eux, Emmanuel, un militant toulousain de l'UMP que son travail dans le marketing a amené à Paris - "Je ne serais peut-être pas venu exprès mais je suis content d'être là", explique ce quadragénaire. Croit-il à la victoire de Nicolas Sarkozy ? "Je ne sais pas. Je suis un peu inquiet. Je ne dis pas que c'est mort mais tout est possible", dit-il.

Des sondages placent de nouveau François Hollande en tête dès le premier tour, alors que Nicolas Sarkozy avait réussi à le rattraper et le devancer après la mi-mars.

Marie, étudiante assistante-sociale de 24 ans, est elle aussi "forcément un peu inquiète" mais dit croire malgré tout à la victoire de son champion parce "qu'il n'y a que lui qui peut aider la France dans l'état où elle se trouve actuellement".

D'autres participants préfèrent mettre en cause une presse selon eux trop favorable au candidat socialiste.

"Vous êtes très hargneux avec Nicolas Sarkozy et pas assez avec Hollande", se plaint ainsi Catherine, 39 ans, chef de rang dans un restaurant du sud-est de la France. "J'y crois parce que si c'est Hollande, on sera dans la mouise", ajoute-t-elle.

A partir de 14H30, les orateurs se succèdent sur la tribune couverte, une immense photo de l'Assemblée nationale en fond de scène, pour tenter de redonner le moral aux plus inquiets.

"À 14h00, nous étions déjà près de 100.000", lance le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Juppé, sans avoir peur d'être pris en flagrant délit d'exagération - à 14h00, la Concorde, quadrillée par des barrières de sécurité et surmontée par cinq écrans géants, n'était qu'à moitié remplie.

"Dire qu'il y a moins de 80.000 personnes, ce serait malhonnête", déclarera une heure plus tard un responsable de la campagne de Nicolas Sarkozy.

Au-delà de la bataille des chiffres et de la mobilisation, le parti présidentiel, l'UMP, est de toute évidence soucieux aussi de faire de ce meeting une démonstration d'unité.

"BOUSCULEZ LES SONDAGES"

Les rivaux que sont Jean-François Copé, le Premier ministre François Fillon, le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, son collègue du Travail Xavier Bertrand et la porte-parole de campagne de Nicolas Sarkozy, Nathalie Kosciusko-Morizet, ont ainsi chacun droit à leurs discours.

"Il nous reste sept jours pour lever cette imposture intellectuelle qu'est la gauche", dit Jean-François Copé.

Xavier Bertrand invite les partisans de Nicolas Sarkozy à se mobiliser davantage dans ce "combat difficile" - "Avec la gauche, c'est la voie du déclin. Alors il faut que vous fassiez campagne encore et encore. Renversez les certitudes, bousculez les sondages, convainquez autour de vous !"

Parmi les invités "surprises", les comédiennes Véronique Genest et Nadine Trintignant disent leur soutien au chef de l'Etat sortant dans des messages vidéo.

Le cinéaste Claude Lelouch reprend le leitmotiv des politiques : "Il ne faut pas trop se fier aux sondages." "Dans le scénario qui se prépare (...) nous allons avoir besoin d'un très grand metteur en scène", ajoute-t-il. "Aujourd'hui, j'ai l'intime conviction que c'est Nicolas."

Les habituels figurants des meetings de Nicolas Sarkozy, les chanteurs Enrico Macias et Didier Barbelivien, le producteur Alain Terzian, l'homme d'affaires Alain Afflelou et l'ancien financier du football professionnel Jean-Claude Darmon sont aussi là, ainsi qu'une revenante, l'ex-secrétaire d'Etat Rama Yade, passée de l'UMP au Parti radical de Jean-Louis Borloo et la "première dame", Carla Bruni-Sarkozy.

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