A La Baule, Sarkozy, Juppé et Fillon affichent leur "unité"

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À LA BAULE, SARKOZY, JUPPÉ ET FILLON AFFICHENT LEUR "UNITÉ"
À LA BAULE, SARKOZY, JUPPÉ ET FILLON AFFICHENT LEUR "UNITÉ"

par Guillaume Frouin

LA BAULE, Loire-Atlantique (Reuters) - Nicolas Sarkozy, son ancien Premier ministre François Fillon, et Alain Juppé ont tenté d'afficher leur "unité", marquée par une furtive photo de famille, samedi à La Baule (Loire-Atlantique) lors des universités d'été de la fédération locale des Républicains.

Les trois principaux candidats -- déclarés ou présumés -- à la primaire en vue de l'élection présidentielle de 2017 étaient venus soutenir la candidature de Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénat et tête de liste de la droite pour les élections régionales de décembre en Pays de la Loire.

"Bruno nous a remerciés comme si c'était quelque chose d'extraordinaire d'être sur une même tribune, mais ce qui aurait été invraisemblable, c'est que cela ne se fasse pas", a lancé Nicolas Sarkozy en clôture de la journée, alors qu'il se trouvait plus tôt dans la journée dans le Doubs.

L'ancien chef de l'Etat et actuel président des Républicains n'a néanmoins pas pu s'empêcher de rappeler le "spectacle" offert par François Fillon et Jean-François Copé au moment de la course à la présidence de l'UMP.

"PROTÉGER LES RÉGIONALES DES PRIMAIRES"

"Le spectacle que nous avons donné à l'époque faisait mal à tous ceux qui espèrent en la France", a dit Nicolas Sarkozy. "Nous nous présentions désunis, nous opposant les uns aux autres, dans des querelles qui n'avaient aucun sens -- si ce n'est leur violence."

"Notre devoir maintenant, c'est de nous mobiliser pour les régionales : je veux protéger les régionales des primaires", a ajouté l'ancien président de la République, candidat supposé mais toujours pas déclaré à la primaire de son camp.

"Les primaires auront lieu en octobre, pas d'impatience. Comme si certains essayaient de compenser un déficit de notoriété !", a-t-il dit. "Il y a une organisation, il y a une méthode, et je la ferai respecter."

Arrivé à la mi-journée sous les applaudissements en compagnie d'Alain Juppé, François Fillon s'est présenté en "ami" de Bruno Retailleau, mais aussi de l'actuel maire de Bordeaux. "Bruno, c'est mon ami (...) Ce n'est pas mon ami au sens politique du terme : c'est plutôt Alain, au sens de Montaigne et La Boëtie", a-t-il dit, sans expliciter son propos.

Bruno Retailleau, alors au Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de Villiers, a été le vice-président de François Fillon quand ce dernier avait lui-même présidé les Pays de la Loire, de 1998 à 2002.

"UNITÉ, MAIS PAS UNIFORMITÉ"

"Ces primaires ne doivent pas être une bataille de personnes, elles doivent être le rendez-vous des arguments, des solutions, des engagements clairs pris devant vous", a souligné l'ancien Premier ministre (2007-2012) à propos de la compétition interne au sein de l'ex-UMP.

Un de ses prédécesseurs à Matignon (1995-1997), Alain Juppé, s'est exprimé pour sa part un peu plus tard, sur une petite estrade placée au milieu des militants en train de déjeuner sous des tentes.

"Rassembler notre famille politique, vous savez combien j'y suis attaché (...) J'ai toujours travaillé à son unité", a souligné le maire de Bordeaux. "Unité ne veut pas dire uniformité : nous ne sommes pas tous coulés dans le même moule, nos sensibilités sont parfois différentes, mais nous partageons le même socle de convictions communes."

"J'aime bien ce mot de 'socle', comme Nicolas Sarkozy : un socle, c'est solide", a conclu Alain Juppé, principal adversaire de l'ex-président dans les sondages. "Ces valeurs, c'est la France, c'est la République, c'est la liberté, c'est la justice."

(Edité par Elizabeth Pineau)

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