A la Banque de France, Villeroy resterait à l'écart de BNP

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* Villeroy se défend contre le risque de conflit d'intérêt * Le choix de Hollande invoque "règles, caractère, éthique" * La politique de la BCE "est la bonne", dit-il (Actualisé avec citations, autres éléments) PARIS, 29 septembre (Reuters) - François Villeroy de Galhau, proposé par François Hollande pour le poste de gouverneur de la Banque de France, a réaffirmé mardi qu'il n'entendait pas intervenir, "ni de près ni de loin", dans les dossiers liés à BNP Paribas, qu'il a quittée en avril. Ce choix, annoncé il y a trois semaines par le chef de l'Etat et sur lequel votaient mardi les commissions des finances de l'Assemblée et du Sénat, a suscité un vif débat politique sur le risque de conflit d'intérêt. Très attendu sur la question de son indépendance vis-à-vis de son ancien employeur, François Villeroy de Galhau a tenté de donner aux députés qui l'auditionnaient des gages en rappelant les engagements pris dans un courrier qu'il leur avait adressé. "L'engagement que j'ai pris vis-à-vis de vous s'applique je crois de façon extrêmement claire, je ne compte pas intervenir de près ni de loin dans les affaires concernant BNP Paribas", a-t-il dit devant la commission. Cet ancien directeur général délégué chargé des marchés domestiques de la banque, qu'il avait rejoint en 2003, a précisé que cette mise en retrait s'appliquerait pour une période de deux ans, délai selon lui issu d'une interprétation la plus rigoureuse possible des textes. "J'ai pris l'ensemble des dispositions qui existent en droit français et je les ai ajoutées, cumulées", a-t-il insisté, y ajoutant des considérations pratiques : "Le fonctionnement actuel de la Banque de France fait qu'il y a extrêmement peu, voire, en temps normal, aucune décision individuelle concernant une banque qui relève du gouverneur." UN HOMME "LIBRE ET DROIT" Mis à la question sur son rapport au monde financier en général, il a invoqué "des règles, un caractère et une éthique". "J'ai lu parfois que je risquais d'être prisonnier de la finance si j'étais nommé. Je suis un homme libre et je suis un homme droit", a-t-il dit. "Je déciderai seulement en fonction de ce que je crois être bon pour notre pays et pour son économie." Pour preuve, il a rappelé son passé de haut fonctionnaire et a dit avoir mené sans être rémunéré la mission sur l'investissement qui lui avait été confiée par le Premier ministre à son départ de BNP Paribas en avril. "J'ai démissionné de tout (...) Je suis aujourd'hui dans une situation (où) je n'ai pas de contrat ni public ni privé (...) J'ai besoin des revenus du travail pour faire vivre ma famille, je ne vis pas de mes rentes", a-t-il dit. Si les risques de conflit d'intérêt ont dominé l'audition, il s'est aussi prononcé sur la mission et les fonctions qui lui sont promises, évoquant notamment la politique monétaire européenne dont il a jugé qu'elle était actuellement "la bonne". "Je crois que la politique monétaire active aujourd'hui menée avec Mario Draghi est la bonne pour tendre vers une inflation proche de 2%", a-t-il dit. "Cette politique monétaire est nécessaire aussi pour soutenir la croissance même si elle ne peut y suffire. Il faut des réformes dans chaque pays dont le nôtre, il faut un renforcement de la zone euro et enfin, il ne faut pas renoncer à l'ambition d'un meilleur ordre monétaire mondial." (Gregory Blachier et Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)


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