A l'UMP, "les centristes sont un satellite qui s'éloigne":
Thomas guénolé, politologue au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipov), analyse les changements induits au sein de l'UMP par la compétition pour la présidence du parti.
L'UMP passe-t-elle du gaullisme à un certain conservatisme sous la pression de sa base ?
L'électorat de l'UMP adhère à six fondamentaux : le rejet viscéral de la gauche, le mérite individuel contre l'assistanat, le secteur privé performant contre le secteur public inefficace, le souhait de baisser les impôts, un conservatisme moral, l'hostilité à l'immigration. Ensuite, il y a des nuances. Un cadre supérieur sera plus hostile aux impôts et moins conservateur sur les moeurs ; un ouvrier vivant dans un quartier sensible sera plus hostile à l'immigration et moins libéral.
Au bout du compte, on obtient de grandes tendances, qui insistent chacune sur une partie des fondamentaux : droite libérale, droite sécuritaire, droite morale. S'y ajoute la droite sociale, à la fois plus souverainiste et plus modérée.
L'électorat ne s'est pas droitisé. Simplement, quand Nicolas Sarkozy entreprend, pendant le quinquennat, son virage à droite, il rompt une digue. Il permet à une partie de la base d'exprimer plus librement ce qu'elle pensait déjà. Sous cette pression, et pour contenir la poussée du FN sur leurs terres, des élus du parti ont ensuite pris fait et cause pour la droitisation : c'est la Droite populaire.
Dans cette galaxie, les centristes sont un satellite qui s'éloigne. L'UMP avait été créée pour unifier droite et centre. Mission impossible puisque, en fait, les centristes n'ont pas les mêmes fondamentaux. Ils ne rejettent viscéralement que la gauche marxiste ; ils refusent toute connivence avec le Front national ; ils sont fédéralistes européens et ce sont globalement des modérés sur les autres sujets. Si l'UMP droitisée a perdu les élections intermédiaires ...
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