A l'Opep, une hausse de la production jugée improbable

le , mis à jour à 23:19
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UNE HAUSSE DE LA PRODUCTION DE L'OPEP JUGÉE IMPROBABLE
UNE HAUSSE DE LA PRODUCTION DE L'OPEP JUGÉE IMPROBABLE

VIENNE (Reuters) - Plusieurs responsables de l'Opep ont réfuté lundi une analyse de la banque américaine Morgan Stanley selon laquelle l'organisation pourrait relever son plafond de production de brut à l'issue de la réunion ministérielle de vendredi à Vienne.

La production de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole avoisine actuellement 31 millions de barils par jour (bpj) et le cartel s'attend à ce que la demande pour son pétrole augmente au second semestre pour atteindre 30,5 millions de bpj, a expliqué Morgan Stanley dans une note.

Ces deux chiffres sont supérieurs au plafond officiel de production fixé à 30 millions de bpj et inchangé depuis plusieurs années.

Un délégué de l'Opep, déjà arrivé à Vienne, a déclaré qu'il était inutile de modifier ce plafond. "Vous constatez que l'Opep produit déjà plus (de 30 millions de bpj)", a-t-il dit.

Un responsable d'un pays africain membre de l'organisation interrogé sur la possibilité d'un relèvement de l'objectif de production a répondu: "Je ne suis pas sûr que cela sera adopté. Cela semble improbable alors que les pays de l'Opep souffrent déjà d'une offre excédentaire chez eux comme chez les pays non-Opep."

Plusieurs sources de l'Opep avaient déclaré dimanche à Reuters que l'objectif de production devrait être laissé inchangé vendredi au vu de la situation actuelle du marché mondial et des cours.

Le baril de Brent se traitait autour de 65 dollars et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) vers 60 dollars.

L'offre de pétrole de l'Opep a encore augmenté en mai pour atteindre son niveau le plus élevé depuis plus de deux ans, a établi Reuters à partir des données de compagnie pétrolières, de l'Opep et de consultants.

Elle a atteint 31,22 millions de barils par jour contre 31,16 millions (révisé) en avril, dépassant ainsi l'objectif officiel de 30 millions de barils de l'Opep et confirmant l'accent mis par l'Arabie saoudite et les autres grands producteurs sur la défense de leurs parts de marché.

Le ministre saoudien du Pétrole Ali al-Naimi pense que la demande se redressera au second semestre alors que dans le même temps l'offre déclinera, ce qui signalerait le succès de cette stratégie de défense.

"La réponse est oui", a dit le ministre lorsqu'il lui a été demandé si cette stratégie marchait. "La demande se redresse. Très bien! Et l'offre ralentit, n'est-ce pas? C'est un fait (...) Voyez comme je suis détendu, heureux!"

La production de mai a en particulier été dopée par les chiffres élevés de l'Arabie saoudite et de l'Irak et par une augmentation des exportations de l'Angola.

Si la production de mai de l'Opep n'est pas révisée, elle sera la plus importante depuis celle de 31,53 millions de bpj d'août 2012.

(Rania El Gamal et Alex Lawler à Vienne, avec Anupam Chatterjee à Bangalore, Véronique Tison et Marc Angrand pour le service français)

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