A l'Onu, Moscou accusé de masser des forces près de l'Ukraine

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MOSCOU ACCUSÉ DE MASSER DES FORCES PRÈS DE L'UKRAINE
MOSCOU ACCUSÉ DE MASSER DES FORCES PRÈS DE L'UKRAINE

par Louis Charbonneau

NATIONS UNIES (Reuters) - Les Occidentaux ont accusé dimanche la Russie de masser des troupes en grand nombre près de sa frontière avec l'Ukraine en préparation d'une intervention analogue à celle de Crimée tandis que Moscou accusait Kiev de russophobie lors d'une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies qui s'est terminée sans décision concrète.

"Les images satellitaires montrent qu'il y a entre 35.000 et 40.000 soldats russes aux abords de la frontière avec l'Ukraine équipés d'avions de combat, de chars, d'artillerie et d'unités de soutien logistique", a déclaré l'ambassadeur du Royaume-Uni, Mark Lyall Grant, lors de la réunion du Conseil, convoquée en urgence à la demande de Moscou.

"Cela s'ajoute aux 25.000 militaires russes basés illégalement en Crimée", a ajouté l'ambassadeur.

Son homologue français, Gérard Araud, est allé dans le même sens.

La Russie aurait voulu que la réunion se tienne à huis-clos, ont indiqué des diplomates, mais la France et d'autres pays ont insisté pour qu'elle soit publique.

Le Conseil de sécurité a tenu de nombreuses réunions d'urgence sur l'Ukraine mais s'est pour l'instant révélé incapable de prendre des mesures concrètes en raison des positions opposées de la Russie et des pays occidentaux.

Le mois dernier, la Russie a mis son veto à un projet de résolution des Occidentaux qui visait à condamner le référendum organisé en Crimée sur le rattachement de la péninsule à la Russie. Dimanche, l'ambassadeur de Russie après des Nations unies, Vitali Tchourkine, a estimé que de "nombreuses accusations erronées avaient été faites contre la Russie."

Il a accusé le gouvernement de Kiev d'être responsable de l'agitation qui règne dans le sud-est de l'Ukraine et a estimé que la menace d'intervention militaire du gouvernement ukrainien dans la région constituait "un usage criminel de la force".

"IRRÉVERSIBLE"

Le ministère russe des Affaires étrangères avait auparavant utilisé des termes similaires, estimant que la mobilisation de l'armée décidée par le président ukrainien par intérim Olexander Tourtchinov pour faire face à la déstabilisation dans l'est du pays était un "ordre criminel".

"Les choses pourraient s'aggraver de façon irréversible", a déclaré Vitali Tchourkine à propos de l'ultimatum. Il n'a pas précisé sa pensée plus avant.

"Les autorités (en Ukraine) ne veulent pas écouter ceux qui n'acceptent pas la domination imposée à Kiev des radicaux nationaux et des forces chauvines, russophobes et antisémites", a-t-il dit. "La Russophobie grotesque et la haine sont devenues la norme au parlement aussi."

Kiev n'a cessé de dire que la rébellion en Ukraine était inspirée et dirigée par le Kremlin.

L'ambassadrice des Etats-Unis, Samantha Power, a laissé entendre que la Russie dissimulait ses véritables intentions dans l'est de l'Ukraine, où vivent de nombreux russophones.

"Vous avez entendu ces dernières semaines la Russie démentir toute intention d'occuper ou d'envahir", a-t-elle dit. "Nous l'avez entendu publiquement et nous l'avons entendu en privé".'

"Malheureusement, la prise par les armes de bâtiments dans six villes de l'est de l'Ukraine hier et de plusieurs autres aujourd'hui est calquée sur la tactique utilisée par les forces russes aux premiers stades de l'invasion de la Crimée", a déclaré Samantha Power, ajoutant que la Russie était responsable de l'instabilité dans l'est de l'Ukraine.

Pour l'ambassadeur ukrainien Iouriy Sergueï, les troupes massés près de l'Ukraine sont "à l'évidence, les forces spéciales ses professionnelles". Il a aussi dit que Kiev ne voulait pas d'affrontements.

Personne au Conseil n'a véritablement soutenu la Russie. La Chine, son traditionnel allié au Conseil de sécurité, s'est bornée à appeler toutes les parties à la retenue.

(Danielle Rouquié pour le service français)

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  • M4426670 le lundi 14 avr 2014 à 10:32

    Poutine refait le coup des Sudètes.

  • 11246605 le lundi 14 avr 2014 à 09:23

    L'ONU, cet organisme qui accuse beaucoup mais en fait peu, bien absente pendant le génocide cambodgien ou rwandais !