A l'Onu, Barack Obama est souple avec l'Iran, ferme avec la Syrie

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BARACK OBAMA ESTIME QUE LA VOIE DIPLOMATIQUE MÉRITE D'ÊTRE ESSAYÉE AVEC L'IRAN
BARACK OBAMA ESTIME QUE LA VOIE DIPLOMATIQUE MÉRITE D'ÊTRE ESSAYÉE AVEC L'IRAN

par Matt Spetalnick et Steve Holland

NATIONS UNIES (Reuters) - Barack Obama a prudemment entrouvert, mardi devant les Nations unies, la porte à un dialogue entre les Etats-Unis et l'Iran en annonçant que Washington était prêt à s'engager sur la voie de la diplomatie avec son vieil ennemi de Téhéran.

S'exprimant devant l'Assemblée générale de l'Onu, le président américain a salué les gestes d'ouverture de son homologue iranien Hassan Rohani tout en invitant ce dernier à traduire ses paroles en actes, notamment sur le contentieux entourant le programme nucléaire de la République islamique.

"Les propos conciliants doivent être accompagnés par des actes vérifiables et transparents", a déclaré Barack Obama.

Depuis son arrivée au pouvoir, le religieux modéré Rohani a adopté un ton plus mesuré que son prédécesseur Mahmoud Ahmadinejad, proposant une reprise des négociations avec le groupe P5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité et l'Allemagne).

"Sans anticiper le règlement de certaines questions lors de la réunion du groupe P5+1 organisée par la haute représentante de l'UE (Catherine) Ashton, nous espérons pouvoir continuer à aller de l'avant", a dit un responsable du département d'Etat.

La Maison blanche semblait favorable à une brève rencontre entre Obama et Rohani mais, comme l'a expliqué un responsable américain, son organisation est apparue "trop compliquée" pour les Iraniens compte tenu de la situation actuelle chez eux.

Une telle entrevue aurait eu une portée symbolique car elle aurait été la première du genre depuis la révolution de 1979 qui avait conduit à la chute du Chah soutenu par les Etats-Unis.

OBSTACLES

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a résumé les sentiments que lui inspirait l'idée d'une rencontre entre Obama et Rohani.

"Malgré les sourires du nouveau président iranien, la politique du régime n'a pas changé", a-t-il commenté. "L'Iran pense que des paroles lénifiantes et des actes de pure forme vont lui permettre de poursuivre sa marche vers l'acquisition de la bombe".

La perspective d'une amélioration significative et rapide des relations entre Washington et Téhéran demeure toutefois sujette à caution en raison des divergences persistantes sur le dossier atomique.

"Les obstacles pourraient se révéler trop hauts à franchir mais je pense fermement qu'il faut essayer la voie diplomatique", a dit Obama, résumant un sentiment partagé par certains parlementaires du Congrès.

Le chef de l'Etat américain a rappelé que, malgré les récentes déclarations d'Hassan Rohani, la position de Washington demeurait inchangée: l'Iran ne peut pas être autorisé à disposer du feu nucléaire.

Rohani, qui devrait poursuivre l'offensive de charme entamée depuis son élection en juin, aura l'occasion de répondre à Obama puisqu'il doit lui aussi s'exprimer devant l'Assemblée générale mardi.

Abordant ensuite la question de la guerre civile en Syrie, Barack Obama a demandé aux Nations unies de faire preuve de fermeté si le gouvernement de Bachar al Assad refuse de livrer les armes chimiques dont il dispose.

Sur ce dossier également, le président américain s'est adressé à l'Iran mais également à la Russie, alliée indéfectible de Damas, pour leur demander de cesser leur soutien à Assad.

"Le gouvernement syrien a accompli un premier pas en fournissant le décompte de ses arsenaux", a reconnu Obama. "Il faut maintenant une résolution forte du Conseil de sécurité pour s'assurer que le régime d'Assad tient ses engagements et qu'il y aura des conséquences si ce n'est pas le cas", a-t-il ajouté.

APPEL À LA RUSSIE

Les Etats-Unis s'inquiètent de voir la Russie faire à nouveau usage de son droit de veto comme cela a été le cas à trois reprises depuis le début de la guerre civile en mars 2011.

L'hypothèse d'un projet de résolution commune entre les Occidentaux et les Russes semble toutefois s'être améliorée, indiquent des diplomates en poste à l'Onu.

Washington et ses alliés seraient prêts à faire des concessions sur la clause de mesures punitives automatiques en cas de non respect de ses engagements par la Syrie.

"Il est temps pour la Russie et l'Iran de comprendre que leur insistance à soutenir le régime d'Assad va conduire directement à ce qu'ils redoutent le plus, offrir un espace sans cesse plus violent pour que les extrémistes puissent agir", a dit Obama.

Dans son intervention de trois quarts d'heure, le président américain a également répondu indirectement à la récente critique formulée par Vladimir Poutine selon lequel les Etats-Unis étaient convaincus d'être un pays d'exception.

"Certains ne sont sans doute pas d'accord, mais je pense que l'Amérique est exceptionnelle parce que nous avons montré notre volonté, en faisant le sacrifice du sang et de l'argent, de défendre l'intérêt de tous et pas seulement notre petit intérêt égoïste", a-t-il dit.

Les Etats-Unis vont fournir une aide humanitaire supplémentaire de 339 millions de dollars en faveur des réfugiés syriens, dont 161 millions pour les populations encore dans le pays et le reste pour les populations déplacées dans les Etats voisins.

Pierre Sérisier pour le service français

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  • gmich10 le mardi 24 sept 2013 à 18:25

    Voilà Pédalo a parlé à l'Iran et tout de suite on en voit les retombées.Il est vraiment bon le nain sectaire.