A l'Hôtel-Dieu, le ras-le-bol des soignants

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A l'Hôtel-Dieu, le ras-le-bol des soignants
A l'Hôtel-Dieu, le ras-le-bol des soignants

Au cœur de l'île de la Cité, siège le plus vieil hôpital de la capitale, l'Hôtel-Dieu. Passé la porte, dans un semblant de fumoir, cadres ou soignants viennent griller une cigarette, quelques minutes au calme. A écouter les conversations, un certain malaise affleure : la fonction publique hospitalière va mal et ne s'en cache pas. « On ne peut pas faire abstraction des difficultés économiques et sociales de nos agents. J'en connais certains qui habitent dans leur voiture faute de pouvoir payer un loyer », confie une encadrante qui, malgré son bac + 5 et ses vingt ans d'ancienneté à l'hôpital émarge à 2 000 € net. « Il m'est déjà arrivé de remplir des dossiers pour la Banque de France pour des collègues surendettés. »

 

Baisse du pouvoir d'achat, constat de déclassement ont fini par nourrir un sentiment d'injustice chez ces fonctionnaires, autrefois fidèles soutiens de la gauche.

 

Cigarette aux lèvres, un infirmier confirme désabusé : « Je n'avais pas vraiment d'illusions avec l'élection de François Hollande. Que ce soit à droite ou à gauche, il n'y a aucune vision sur la santé. Leur seul mantra, c'est faire des économies, surtout sur les petits salaires comme nous. » « Au moins avant, on avait les heures supplémentaires, surenchérit une aide-soignante. Aujourd'hui, on préfère refuser de prendre des congés. On n'a plus les moyens. »

 

Dans la cour de l'établissement, le mot « Front national » revient. « Il est fort ici, trop fort... comme une réponse au ras-le-bol », confie un cadre attablé à la cafétéria. Une jeune collègue pointe une autre raison à cette montée du FN : « Après les attentats du 13 novembre, nous avons eu un rappel au règlement à propos de la laïcité et sur le port de signes religieux, pour les patients comme pour le personnel. La vérité, c'est que les gens font ce qu'ils veulent ! Si une aide-soignante porte le voile, ou si un patient ...

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