A l'approche du Super Tuesday, Rubio attaque Trump de front

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LE TON SE DURCIT DANS LE CAMP RÉPUBLICAIN À L'APPROCHE DU SUPER TUESDAY
LE TON SE DURCIT DANS LE CAMP RÉPUBLICAIN À L'APPROCHE DU SUPER TUESDAY

par Emily Stephenson

HOUSTON (Reuters) - Le candidat Marco Rubio a attaqué de front Donald Trump, le favori dans la course à l'investiture républicaine pour la présidentielle américaine, critiquant sa fortune et son absence de programme, pour tenter de l'empêcher d'accentuer son avance lors de l'étape-clé du Super Tuesday, mardi prochain.

Lors du débat organisé jeudi par CNN à l'université de Houston, au Texas, le sénateur de Floride a signé une de ses performances oratoires les plus offensives. Il a rappelé les quatre faillites du promoteur new-yorkais et l'a accusé d'avoir fait venir des salariés de Pologne pour travailler en Floride.

Il a aussi suggéré que le New-Yorkais n'en serait pas où il en est aujourd'hui dans l'immobilier sans l'héritage familial.

Sans l'argent de sa famille, "vous savez où Donald Trump serait à l'heure qu'il est?", a demandé le sénateur de Floride. "Il serait en train de vendre des montres à Manhattan."

Pendant le débat, Marco Rubio et son concurrent Ted Cruz, sénateur du Texas, ont fait de leur mieux pour mettre Donald Trump à terre, et tenter de le faire dérailler avant le "Super Tuesday", jour où 11 Etats choisiront leur candidat républicain.

Donald Trump a déjà gagné trois compétitions sur quatre dans le processus de sélection républicain pour l'élection présidentielle du 8 novembre.

Donald Trump n'a pas semblé se démonter. Il s'est montré égal à lui-même : sûr de lui, pugnace, prompt à se défendre et à accuser Rubio et Cruz.

"Ce type est un raté et celui-là un menteur", a déclaré le promoteur, qui aura bientôt 70 ans, montrant d'abord Rubio puis Cruz.

"EST-CE QUE QUELQU'UN PEUT M'ATTAQUER ?"

Le tir croisé était si intense que Ben Carson, autre candidat à l'investiture républicaine, à la recherche d'un temps de parole supplémentaire, a demandé sur un ton plaintif : "Est-ce que quelqu'un peut m'attaquer, s'il vous plaît ?"

Malgré son emphase, le candidat a livré une performance plus mesurée que d'habitude, défendant des positions modérées sur le planning familial et disant vouloir conserver certains volets de la législation sur la sécurité sociale de Barack Obama, dite Obamacare.

Il a dit qu'il ne soutenait pas la trêve qui doit entrer en vigueur en Syrie samedi et a estimé que la Libye se porterait mieux si le colonel Mouammar Kadhafi n'avait pas été destitué par une insurrection soutenue par les Américains.

A la question de savoir s'il rendrait publiques ses archives fiscales, comme Mitt Romney l'exigeait, Donald Trump a répondu qu'il le ferait une fois terminé un "audit de routine".

Le candidat républicain de 2012 a réagi sur Twitter, affirmant qu'il n'y avait aucune raison de garder privées ces informations, audit ou non.

Donald Trump a remporté trois victoires d'affilée dans la course à l'investiture républicaine et est en tête dans les sondages mais il lui reste cependant du chemin à parcourir. La nomination du candidat est en effet liée au nombre de délégués remportés et envoyés à la Convention du parti en juillet.

Donald Trump mène jusqu'à présent la course avec 81 délégués, contre 17 chacun pour Cruz et Rubio. Pour être investi, les voix de 1.237 délégués sont requises.

Un total de 600 délégués seront mobilisés au total mardi prochain lors du "Super Tuesday", ce qui en fait une étape incontournable pour les candidats.

(Julie Carriat pour le service français, édité par Danielle Rouquié)

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