A Kinshasa, François Hollande lie francophonie et démocratie

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À KINSHASA, FRANÇOIS HOLLANDE LIE FRANCOPHONIE ET DROITS DE L?HOMME
À KINSHASA, FRANÇOIS HOLLANDE LIE FRANCOPHONIE ET DROITS DE L?HOMME

par Elizabeth Pineau

KINSHASA (Reuters) - "Parler le français, c'est aussi parler les droits de l'homme", a déclaré François Hollande samedi au 14e sommet de la Francophonie de Kinshasa, où il a eu un entretien "franc et direct" avec son homologue congolais, le contesté Joseph Kabila.

Le président français, qui effectue son premier voyage dans l'ex-Zaïre, a invité les 56 pays du monde francophone à mettre leur langue "au service du monde et de la liberté".

"C'est en français que les révolutionnaires de 1789 ont proclamé et donc écrit la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen", a-t-il dit à l'ouverture du sommet.

"Parler le français, c'est aussi parler les droits de l'homme", a-t-il expliqué devant des journalistes après avoir rencontré des organisations non gouvernementales congolaises.

Il a invité la francophonie à se mettre au service des libertés fondamentales, au même titre que des échanges, du développement ou de l'environnement.

"La francophonie doit porter la démocratie, les droits de l'homme, le pluralisme, le respect de la liberté d'expression, l'affirmation que tout être humain doit pouvoir choisir ses dirigeants", a-t-il dit.

Des propos qui prenaient un caractère particulier dans un pays où les journalistes et les militants des droits de l'homme ont du mal à s'exprimer et où les élections de novembre 2011 ont été entachées d'irrégularités.

Ces questions ont été abordées lors son entretien "franc et direct" avec Joseph Kabila, en présence des ministres Laurent Fabius (Affaires étrangères), Yamina Benguigui (Francophonie) et Pascal Canfin (Développement), a dit son entourage.

Le président français avait qualifié en début de semaine "d'insoutenable" la situation des libertés en RDC, des commentaires fraîchement accueillis à Kinshasa.

Lors de l'entretien au palais présidentiel, Joseph Kabila a donné à son hôte "des arguments pour dire que la situation évoluait", a-t-on rapporté de source française.

François Hollande a demandé de son côté la libération de journalistes emprisonnés et que tout soit fait pour retrouver les responsables de la mort du militant des droits de l'homme congolais Floribert Chebeya, assassiné en juin 2010.

OPPOSITION

Arrivé dans la nuit de Dakar, François Hollande a rencontré à Kinshasa les représentants de sept ONG, parmi lesquelles La voix des sans-voix et Journalistes en danger.

Il a aussi reçu cinq personnalités d'opposition membres de l'Assemblée nationale congolaise, "qui lui ont demandé un renforcement de la démocratie et des libertés en RDC", selon son entourage.

Des élections locales, prévues l'an prochain, serviront de test à cet égard.

François Hollande et Joseph Kabila ont évoqué la situation dans l'Est de la RDC, où des combats transfrontaliers provoquent d'importants déplacements de population.

Réaffirmant dans son discours que "les frontières de la République démocratique du Congo sont intangibles", le président français s'est dit favorable à ce que le mandat de la Minusco (la Mission des Nations unies en République démocratique du Congo) "puisse être précisé, élargi si nécessaire".

François Hollande a renouvelé le message d'encouragement à l'Afrique délivré la veille dans la capitale du Sénégal.

"Le français est une langue africaine", a-t-il dit sous les applaudissements de l'assemblée. "L'avenir de la francophonie, il est ici, en Afrique (...) Le français n'appartient pas à la France, il vous appartient, il est à vous."

Selon les prévisions, sur les 700 millions d'hommes et de femmes qui parleront le français en 2050, 80% vivront en Afrique.

"Nous francophones, nous refusons l'uniformité, nous voulons la diversité et nous exprimons la liberté", a-t-il fait valoir.

François Hollande a cité en exemple la promotion des femmes, "premières victimes des violences et des guerres", et a proposé l'organisation en France d'un Forum des femmes francophones.

La France plaide aussi pour l'inscription, dans la déclaration finale, d'une demande en faveur de l'abolition universelle de la peine de mort.

Edité par Jean-Baptiste Vey

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