A Hambourg, le chef de la diplomatie turque critique l'Allemagne

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 (Actualisé avec discours du ministre, précisions, citations) 
    par Michael Hogan et Humeyra Pamuk 
    HAMBOURG, Allemagne, 7 mars (Reuters) - Le ministre turc des 
Affaires étrangères a tenu mardi une réunion publique à Hambourg 
pendant laquelle il a accusé Berlin de vouloir empêcher les 
Turcs vivant en Allemagne de faire campagne pour le référendum 
du mois prochain visant à donner plus de pouvoirs au président 
turc Recep Tayyip Erdogan. 
    Mevlut Cavusoglu s'exprimait à la résidence du consul 
général de Turquie à Hambourg après la fermeture par les 
autorités allemandes du lieu où le meeting était prévu à 
l'origine au motif qu'il n'était pas doté de système de 
détection d'incendie. 
    Le gouvernement turc accuse l'Allemagne de vouloir empêcher 
la tenue de réunions publiques de ce genre où doivent s'exprimer 
un certain nombre de ministres et de responsables turcs dans le 
cadre de la campagne menée par Ankara à l'étranger en vue du 
référendum constitutionnel organisé en Turquie le 16 avril. 
    "C'est de l'obstruction systématique et l'Allemagne fait 
systématiquement pression sur nos ressortissants; c'est 
inacceptable", a déclaré le chef de la diplomatie allemande. 
    "Nous avons toujours voulu voir l'Allemagne comme un ami 
mais la position systématiquement anti-turque de l'Allemagne ne 
cadre pas avec notre amitié", a-t-il ajouté. 
    Son discours a été ponctué de slogans lancés par le public 
comme "Recep Tayyip Erdogan, ce pays est fier de toi", ou encore 
"Reste droit, ne te courbe pas, le pays est avec toi" ou encore 
"Allah Akbar" ("Dieu est le plus grand"). 
     
    "DÉGAGE!" 
    Près du consulat, une centaine de manifestants ont lancé des 
slogans anti-Erdogan tandis que certains criaient : "Cavusoglu, 
dégage !"  
    Les relations entre la Turquie et ses alliés européens de 
l'Otan se sont nettement détériorées depuis le coup d'Etat 
manqué de juillet dernier en Turquie. Ankara a accusé Berlin et 
d'autres capitales d'avoir été lentes à condamner la tentative 
de putsch.      
    "L'Allemagne ne devrait pas essayer de nous donner des 
leçons de démocratie et de respect des droits de l'homme", a 
lancé Mevlut Cavusoglu mardi soir à l'attention du gouvernement 
de la chancelière Angela Merkel. "Nous n'avons jamais interféré 
dans la politique allemande. L'Allemagne ne doit pas s'ingérer 
dans nos affaires politiques ni dans notre référendum."   
    Berlin, a-t-il dit, "bloque" les partisans d'Erdogan pour le 
référendum et "soutient" ceux qui sont contre le nouveau système 
présidentiel voulu par le chef de l'Etat turc. 
    Le vote des Turcs vivant en Allemagne - ils seraient 1,5 
million en âge de voter - pourrait être décisif pour que la 
réforme voulue par le président Erdogan soit adoptée le mois 
prochain. 
    Les relations entre Berlin et Ankara se sont encore 
envenimées en fin de semaine dernière après l'annulation par les 
autorités allemandes d'une série de réunions publiques prévues 
par les responsables turcs sur le territoire allemand, pour 
certaines à la dernière minute. 
    Dimanche, Recep Tayyip Erdogan a estimé que de telles 
pratiques ne différaient en rien de celles de la période nazie, 
s'attirant une réaction outrée de l'Allemagne dès le lendemain. 
 
 (Avec Humeyra Pamuk à Istanbul; Gilles Trequesser et Danielle 
Rouquié pour le service français, édité par Jean-Stéphane 
Brosse) 
 
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  • cavalair il y a 9 mois

    Dabord on les fait venir et ensuite ils veulent nous diriger, allez zou dehors et rapidement