A droite, la partie d'échecs a commencé pour 2017

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A DROITE, LA PARTIE D'ÉCHECS A COMMENCÉ POUR 2017
A DROITE, LA PARTIE D'ÉCHECS A COMMENCÉ POUR 2017

par Sophie Louet

PARIS (Reuters) - A moins de 15 mois d'une primaire inédite pour la droite française, les Républicains s'essaient à pas mesurés à la confrontation interne pour la présidentielle de 2017, au risque de la confusion pour leurs électeurs aux prochaines régionales.

"La partie d'échecs commence pour de bon. La difficulté pour les candidats, c'est d'anticiper les coups adverses tout en optimisant les options de leur camp", dit un membre de l'ex-UMP.

Si Nicolas Sarkozy, qui ne s'est toujours pas déclaré officiellement, retient ses coups, ses principaux rivaux, Alain Juppé, François Fillon et Bruno Le Maire (qui devrait se prononcer en janvier), avancent déjà leurs pions.

Face à une primaire républicaine américaine déjà sous tension, avec 17 candidats, les prétendants français font l'expérience de la schizophrénie militante et idéologique.

Un paradoxe pour le parti d'opposition qui s'efforce de capitaliser, après le succès des départementales, sur son "unité retrouvée" afin d'engranger de nouvelles victoires aux régionales de décembre, scrutin loin d'être acquis face à la menace du Front national.

"J'appelle chacun à la raison. Avant de nous embarquer dans des stratégies individuelles, nous devons nous mobiliser tous ensemble pour gagner les régionales. Chaque chose en son temps", déclarait Nicolas Sarkozy début août dans Valeurs actuelles.

FILLON ET JUPPÉ À L'INITIATIVE

François Fillon, qui n'est pas du "genre à tomber dans les oubliettes" selon son ami Jean de Boishue, a choisi la stratégie contraire, non payée de retour pour l'instant dans les sondages.

Il scelle mercredi dans son fief sarthois, à Rouez-en-Champagne, deux années de cheminement programmatique sous la forme d'un manifeste synthétisant ses premières propositions intitulé "Osons dire, osons faire". "Accélération", proclame-t-il mardi sur son blog.

L'ancien Premier ministre, qui s'est toujours défié des enquêtes d'opinion, veut croire que son programme, à rebours du "réformisme prudent" d'Alain Juppé et nettement plus libéral que les idées avancées par Nicolas Sarkozy, pèsera dans les débats de la primaire, prévue les 20 et 27 novembre 2016.

"A la fin de l'année, lorsque j'aurai atteint une masse critique de propositions, ça va commencer à se cristalliser", affirme-t-il dans l'édition de mardi du Figaro.

Alain Juppé, qui revendique d'"écouter et de faire remonter ce que les gens attendent" pour proposer "non pas 110 propositions mais une dizaine de programmes", assume pour sa part sa "méthode originale".

Sa première vague de propositions, sur l'éducation, "mère des réformes", est rendue publique mercredi dans un livre, "Mes chemins pour l'école", où l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy, qui espère capter une partie des déçus de François Hollande, prône notamment de revaloriser de 10% le salaire des enseignants du premier degré.

"KOH-LANTA"

Le député de Paris et le maire de Bordeaux, qui s'afficheront le 5 septembre à La Baule (Loire-Atlantique) aux côtés du président des Républicains lors d'un rassemblement de la fédération départementale, sont convaincus que dans la consultation ouverte qui s'annonce, sur des projets économiques somme toute équivalents, la personnalité sera un facteur déterminant.

"La personnalité de Sarkozy est toujours aussi clivante, même au sein de sa propre famille politique", déclare un proche de François Fillon.

Des sarkozystes dénoncent une tactique de "postures" et rappellent la popularité sans conteste de leur champion auprès des militants de LR.

"La question n’est pas de savoir si on est jeune et neuf ou moins jeune et plus expérimenté, mais de trouver les

mots qui permettront aux Français de dire : celui-là pose enfin le bon diagnostic", dit Nicolas Sarkozy dans Valeurs actuelles.

Pour l'ancien chef de l'Etat, qui observe une notable réserve en cette rentrée et attend janvier pour lancer la phase d'élaboration du projet présidentiel de la droite, la "fébrilité" de ses rivaux, voire la cacophonie, peut hérisser une partie de l'électorat.

Sans compter les ambitions qui se font jour : Nathalie Kosciusko-Morizet, Hervé Mariton, Christian Estrosi ou encore Nadine Morano, qui compare la primaire au "Koh-Lanta des politiques", une émission de télé-réalité où les prétendants doivent survivre dans un milieu hostile.

(Edité par Yves Clarisse)

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  • titresyl le mardi 25 aout 2015 à 19:00

    sarko dehors et vite .....