A Doha, John Kerry cherche à rassurer les Etats du Golfe

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par David Brunnstrom et Noah Browning DOHA, 3 août (Reuters) - Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a entamé lundi au Qatar des entretiens avec les dirigeants des Etats du Golfe pour chercher à les convaincre des mérites de l'accord de Vienne sur le nucléaire iranien et faire le point sur la lutte contre les djihadistes de l'Etat islamique et la guerre en Syrie. La plupart des pétromonarchies sunnites du Golfe, traditionnelles alliées des Etats-Unis, ont publiquement salué l'accord conclu à Vienne le 14 juillet. Mais elles redoutent qu'il accélère une forme de détente entre Washington et Téhéran et donne à l'Iran chiite, qu'elles accusent d'ingérence dans les conflits du monde arabe, des moyens accrus pour soutenir les groupes armés dans la région. En Egypte, où il se trouvait dimanche avant de rejoindre Doha, John Kerry a rappelé que les Etats-Unis considéraient l'Iran comme le premier Etat parrain du terrorisme mondial, mais il a souligné que c'était précisément pour cette raison qu'il fallait l'empêcher de se doter de l'arme atomique. L'accord de Vienne prévoit d'encadrer très strictement les activités nucléaires iraniennes en échange d'une levée progressive des sanctions à l'encontre de Téhéran. "Il ne fait absolument aucun doute que si le pacte de Vienne est pleinement appliqué, cela rendra l'Egypte et les autres pays de la région plus sûrs qu'ils ne l'auraient été autrement, ou qu'ils ne l'ont été", a dit le chef de la diplomatie américaine. A Doha, John Kerry a prévu de rencontrer les membres du Conseil de coopération du Golfe, alliance politico-militaire qui rassemble l'Arabie saoudite, le Qatar, Bahreïn, le Koweït, les Emirats arabes unis et le sultanat d'Oman. Il doit également avoir un entretien avec ses homologues russe Sergueï Lavrov et saoudien Adel al Djoubeïr, qui sera principalement consacré à la Syrie, dit-on au département d'Etat. QUEL RÔLE POUR L'IRAN ? La Russie s'efforce d'amorcer un rapprochement entre le gouvernement syrien de Bachar al Assad et des puissances régionales comme l'Arabie saoudite ou la Turquie, qui soutiennent la rébellion, afin de forger une alliance contre le groupe Etat islamique (EI). Fin juillet, John Kerry a fait part de son intention de discuter avec Sergueï Lavrov de la lutte contre l'EI en Syrie et du rôle éventuel de l'Iran dans ce domaine. ID:nL5N1043TS Coïncidant avec les discussions de Doha, une tribune signée du ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, parue dans plusieurs journaux arabes, appelle les pays du Golfe à collaborer avec l'Iran pour endiguer une vague d'instabilité au Moyen-Orient. "Nous devons tous accepter le fait que l'époque des jeux à somme nulle est révolue et que nous gagnerons ou nous perdrons tous ensemble", écrit le chef de la diplomatie iranienne. La rencontre de John Kerry avec les dirigeants du CCG fait suite à un mini-sommet organisé en mai dernier par le président Barack Obama à Camp David, une rencontre boudée par les rois d'Arabie saoudite et de Bahreïn. Le président américain avait alors promis aux Etats du Golfe l'aide des Etats-Unis contre toute "attaque extérieure" avec l'espoir de les rassurer sur le degré d'engagement de Washington dans la région malgré la perspective de l'accord sur le programme nucléaire iranien. ID:nL5N0Y54VN Mais Barack Obama s'était abstenu d'offrir à ses alliés l'accord de défense formel que réclament certains d'entre eux, annonçant des mesures plus modestes sur l'aide des Etats-Unis pour la mise en place d'un système régional intégré de défense antimissile, sur la simplification des procédures de vente d'armements et sur l'augmentation des exercices militaires communs. Mercredi, le département d'Etat a approuvé la vente de 600 missiles antimissiles Patriot à l'Arabie saoudite, pour un montant évalué à 5,4 milliards de dollars (4,9 milliards d'euros), ainsi que 500 millions de dollars de munitions pour divers systèmes d'armement. (Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Marc Angrand)

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