A dix semaines de l'Euro, l'inquiétude est de mise

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A dix semaines de l'Euro, l'inquiétude est de mise
A dix semaines de l'Euro, l'inquiétude est de mise

Au lendemain des attaques terroristes perpétrées à Bruxelles, de nouveaux doutes entourent la tenue de l'Euro 2016. Si les organisateurs et l'Etat refusent d'envisager une annulation, la sécurité sera maximale et les fan-zones pourraient en faire les frais.

Sous les yeux de Bernard Cazeneuve et Patrick Kanner, la fan-zone de Nîmes vient d’être prise pour cible par des terroristes. La foule panique, des cris et des gémissements de blessés se font entendre. Heureusement, la scène est fictive. La semaine dernière, dans le chef-lieu du Gard, une simulation de grande ampleur d’attaque terroriste pendant l’Euro 2016 a mobilisé plus de 2 000 personnes. Ce mercredi, au lendemain des attentats de Bruxelles dans lesquels 31 personnes ont perdu la vie selon un bilan provisoire, cet exercice prend une résonnance particulière. Car depuis les attaques perpétrées sur le sol belge, cinq mois après les attentats de Paris, l’inquiétude est encore montée d’un cran quant à la tenue de l’Euro 2016, du 10 juin au 10 juillet prochains dans dix villes de France.

Braillard : « L’Euro ne sera pas reporté ou annulé »

Dès mardi midi, un comité de pilotage s’est tenu au ministère de l’Intérieur en présence du maître des lieux, Bernard Cazeneuve, de Patrick Kanner, ministre des Sports, et d’Alain Juppé, maire de Bordeaux et président du club des dix villes hôtes. A la sortie, une annulation de la compétition a été balayée d’un revers de main. « On ne peut pas faire mieux en termes de sécurité pour l’Euro, précise Thierry Braillard, secrétaire d’Etat aux Sports, ce mercredi matin dans les colonnes de L’Equipe. La situation est trop grave pour jouer à Nostradamus. Dans ces moments-là, il ne faut pas ajouter de la peur à la peur. L’Euro ne sera pas reporté ou annulé. » Si la question de l’annulation n’est pas posée, celle de la sécurité devient prioritaire. « Jamais un événement sportif n'aura été autant sécurisé que l'Euro 2016 », confiait Patrick Kanner mardi soir. Le dispositif est en effet unique. Pendant toute la compétition, les policiers ont été interdits de congés afin d’être mobilisables à tout moment. Dans les stades, un deuxième anneau de fouilles et de filtrage sera mis en place à bonne distance des enceintes. Et du matériel de détection des métaux pourrait même être ajouté.

Les fan-zones sur la sellette

Dans les villes hôtes, la tension est palpable. Mardi, à l’issue du comité de pilotage, Alain Juppé s’est félicité d’obtenir une hausse d’1,4 million d’euros de l’enveloppe allouée par l’Etat à ces villes hôtes, portant l’enveloppe totale à 5 millions. Mais au lendemain des tragiques événements survenus à Bruxelles, c’est la problématique des fan-zones qui risque de faire parler. Car si mardi, à l’issue de la réunion au ministère de l’Intérieur, un maintien a été décidé à l’unanimité, en coulisses, les discours sont plus hésitants. « La position qui est la nôtre est de ne pas céder au terrorisme. En revanche, il faut avoir la souplesse qui permettrait, le cas échéant, de reconsidérer nos positions sur telle ou telle fan-zone », a d’ailleurs admis Bernard Cazeneuve. Invité de RMC mardi, Eric Ciotti, député des Alpes-Maritimes (ndlr : Nice est ville hôte de l’Euro), a pris position en faveur d’une suppression de ces espaces de rassemblements. « Les fan-zones, je ne suis pas convaincu de la nécessité de les maintenir. On parle d’espaces beaucoup plus difficile à sécuriser, là-dessus il serait sans doute utile de revenir. On ne pourra pas tout sécuriser. Je pense qu’il faut arrêter ces fan-zones qui présentent un risque. Il faut sécuriser les stades, contrôler les spectateurs, et en même temps, ne multiplions pas les lieux de menaces. »

Le huis-clos comme dernier recours

Le mois dernier, l’UEFA avait laissé entendre que des rencontres pourraient se jouer à huis-clos en cas de risque majeur. Mardi soir, sur Radio 24, le vice-président de l’instance européenne a maintenu ce cap. « Il y a un risque de jouer quelques matchs à huis clos lors de l’Euro. Le risque existera quand même mais l’Euro est un événement que nous ne pouvons pas retarder ou reporter », a confié Giancarlo Abete. Seul sélectionneur interrogé sur la question du maintien ou non de l’Euro 2016 mardi, le Gallois Chris Coleman s’est montré ferme. « C’est ce que tout le monde veut. C’est ce que les gens veulent et nous devons veiller à ce que l’Euro ait lieu. Il y aura toujours un doute dans l’esprit de tout le monde. Il faut espérer et prier pour que tout se passe bien. Nous devons tous y aller et essayer de profiter du tournoi, essayer de divertir les gens du mieux possible. » A deux mois et demi du coup d’envoi de l’Euro, tensions et inquiétudes sont palpables. Pour rassurer les plus sceptiques, les autorités communiquent en masse sur le dispositif sécuritaire sans égal qui sera déployé sur le territoire. Mais depuis quelques semaines, l’aspect sportif semble être passé au second plan. 

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