A Davos, les patrons se préparent à l'ère de la robotique

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DAVOS SE PENCHE SUR L'ÈRE DE LA ROBOTIQUE
DAVOS SE PENCHE SUR L'ÈRE DE LA ROBOTIQUE

par Ben Hirschler

DAVOS, Suisse (Reuters) - Un implant de téléphone mobile, des organes imprimés en 3D, des vêtements intelligents ou des lunettes de vue connectées à internet. Cela peut sembler de la science-fiction aujourd'hui, mais ce sera une réalité d'ici 2025, à en croire les dirigeants d'entreprises réunis à Davos, en Suisse, pour le Forum économique mondial.

Pour y parvenir ces derniers misent sur les progrès effectués dans la robotique, l'intelligence artificielle et la génétique.

Près de la moitié des dirigeants interrogés s'attendent même à ce qu'une machine dotée d'une intelligence artificielle siège au conseil d'administration d'ici la prochaine décennie. Ce sera alors la "quatrième révolution industrielle", principal thème de l'édition 2016 du Forum de Davos.

Cette nouvelle étape est censée apporter un cycle plus rapide d'innovation, ce qui constituera un immense défi pour les entreprises, les salariés, les Etats, voire la société toute entière.

La "quatrième révolution industrielle" promet des biens et des services bon marché, soutenus par une nouvelle vague de croissance économique. Mais cela risque aussi de provoquer un chômage de masse et d'accentuer les tensions entre les entreprises et les salariés.

"La quatrième révolution industrielle va créer un excédent économique", prédit Satya Nadella, directeur général de Microsoft.

"La question est de savoir si cet excédent sera uniformément réparti entre les pays, entre les populations dans les différentes strates économiques et également dans les différentes parties de l'économie", ajoute-il.

LE ROBOT HUBO, STAR À DAVOS

Les robots sont déjà sur Mars, se déplacent des usines vers les foyers, les hôpitaux, les magasins, les restaurants et même les zones de guerre, alors que les progrès dans des domaines comme les réseaux de neurones artificiels commencent à brouiller les frontières entre l'homme et la machine.

La principale attraction à Davos cette année n'est pas un banquier central ou un homme politique mais le robot humanoïde sud-coréen HUBO, vainqueur en 2015 du DARPA Robotics Challenge, qui "fait son show" au milieu des délégations réunies en Suisse.

Ces nouvelles technologies suscitent cependant de profondes inquiétudes.

Une nouvelle étude de la banque suisse UBS, rendue publique à Davos, prédit que l'extrême niveau d'automatisation et de connectivité va se traduire par une accentuation des inégalités, en creusant le fossé entre pays riches et nations en développement.

"La quatrième révolution industrielle a le potentiel d'inverser l'avantage concurrentiel que les marchés émergents ont en termes de faibles coûts de la main d'oeuvre", souligne Lutfey Siddiqi, responsable des marchés émergents chez UBS.

"Cela est probable, je pense que si aucune mesure politique n'est prise, cela va exacerber les inégalités", prévient-il.

Une étude d'UBS sur les grandes économies mondiales montre que la Suisse est le pays le mieux placé pour s'adapter à cette nouvelle ère de la robotique, tandis que l'Argentine ferme la marche.

GAGNANTS ET PERDANTS

Au sein des entreprises, il y aura également des gagnants et des perdants, avec de nouveaux acteurs entrant sur des secteurs établis grâce à des technologies de rupture.

La directrice générale de General Motors, Mary Barra, voit par exemple dans l'avènement des voitures autonomes -- un vieux fantasme devenu réalité -- une menace potentielle pour l'industrie automobile.

Le patron de la banque JPMorgan Chase, Jamie Dimon, de son côté doit faire face à la concurrence des starts-up de la "fintech", la haute technologie appliquée à la finance.

De telles innovations ajoutées à l'avènement des robots à la fois dans les secteurs de l'industrie et des services pourraient accélérer l'automatisation d'un grand nombre d'emplois.

En 2013, des chercheurs de l'université d'Oxford avaient prédit que 47% des emplois aux Etats-Unis seraient menacés par ce phénomène.

Certes la peur de la technologie qui détruit les emplois n'est pas nouvelle. L'économiste John Maynard Keynes criait déjà au loup en 1931 en lançant un avertissement sur le "chômage technologique" généralisé.

La question est de savoir si cela sera différent cette fois, au regard de la vitesse du changement et du fait que les machines sont à présent dotées aussi bien d'intelligence que de muscles. Ce nouvel atout constitue désormais une menace pour des professions vues auparavant comme intouchables, telles que le journalisme ou l'analyse financière de base.

Pour certains experts, les plus exposés pourraient être les classes moyennes, le Forum économique mondial prévoyant lui-même que plus de cinq millions d'emplois pourraient être supprimés dans les quinze grandes économies d'ici 2020.

Le directeur général de ManpowerGroup tempère toutefois cette vague de pessimisme, expliquant qu'à long terme il y aura davantage d'emplois créés que détruits.

(Avec Noah Barkin et Martinne Geller; Claude Chendjou pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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  • M5319573 il y a 11 mois

    enfin on en parle !!! déjà plus de 3 millions de chômeurs... on peut être fiers de nos avancées technologiques mais à quel prix ?? à force de "robotiser, connecter, etc..." on a moins besoin d'humains au travail, et on est de plus en plus nombreux sur terre... on veut nous pousser à consommer mais les salaires sont de plus en plus bas.. du moins pour les classes dites "inférieures"... quelle société inégale !! et là on ne fait pas grand chose....