A Châteaurenard, Nicolas Sarkozy promet de "rétablir l'autorité"

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    * Sarkozy se pose en candidat de "l'autorité" et de la 
"vérité" 
    * Il soutient les arrêtés anti-burkini, et demande une loi 
    * L'identité et l'immigration au coeur de son discours 
    * Valls dénonce la "brutalité" de ses propositions 
 
    par Jean-François Rosnoblet 
    CHATEAURENARD, Bouches-du-Rhône, 25 août (Reuters) - Nicolas 
Sarkozy a promis jeudi de "rétablir l'autorité de l'Etat sur 
chaque centimètre carré de la République française", lors de son 
premier meeting de candidat à Châteaurenard, dans les 
Bouches-du-Rhône, terres où fleurit le vote Front national.  
    L'ex-chef de l'Etat, qui a officialisé lundi sa candidature 
à la primaire de la droite des 20 et 27 novembre prochains, 
s'est posé en chantre de la sécurité et en défenseur de 
l'identité française face à une politique migratoire "qui n'a 
plus aucun sens".  
    "Je veux être le président qui rétablira l'autorité de 
l'Etat sur chaque centimètre carré de la République", a-t-il 
déclaré devant environ 2.000 militants.  
    "Je ne serai pas le candidat de l'eau tiède, je ne serai pas 
le candidat des demi-solutions", a ajouté Nicolas Sarkozy en 
s'attaquant ouvertement à François Hollande. "Je ne serai jamais 
celui qui louvoie, le candidat des compromis bancals, des 
synthèses si subtiles qu'il n'en reste rien." 
    Sans surprise, Nicolas Sarkozy a dit soutenir "sans réserve" 
les maires qui ont pris des arrêtés contre le burkini. 
    Ce vêtement de bain qui recouvre l'essentiel du corps est au 
coeur d'une polémique qui divise le gouvernement, plusieurs 
ministres ayant pris leurs distances avec la multiplication des 
arrêtés d'interdiction, soutenue par le Premier ministre. 
 ID:nL8N1B63GB  
    "Je demande une loi d'interdiction sur tout le territoire de 
la République", a annoncé Nicolas Sarkozy, déplorant ce choix 
vestimentaire dans lequel il voit une "provocation". 
    Toujours distancé dans les sondages par l'ancien Premier 
ministre Alain Juppé pour la course à l'investiture de la 
droite, Nicolas Sarkozy a toutefois vu sa cote de popularité 
remonter après l'attaque qui a fait 86 morts à Nice le 14 
juillet, et l'assassinat d'un prêtre dans une église de 
Seine-Maritime, le 26 juillet.  
    Au croisement des départements du Gard, du Vaucluse et des 
Bouches-du-Rhône, le choix de Châteaurenard pour ce premier 
meeting, très axé sur les problématiques de sécurité, d'identité 
nationale et d'immigration, n'avait rien d'anodin.  
     
    IDENTITÉ "MENACÉE" 
    Le choix de cette place-forte de la droite, enserrée dans un 
territoire fracturé où grandit l'influence du FN incarné par 
Marion Maréchal-Le Pen, députée du Vaucluse depuis 2012, peut 
être analysé comme une tentative de séduire, comme en 2007, les 
électeurs tentés par l'extrême droite.  
    Dans cette région clef pour 2017, où Nicolas Sarkozy compte 
de nombreux soutiens, le désormais ex-président des Républicains 
a longuement décliné les thématiques de l'identité nationale et 
de l'immigration, sujets de prédilection du FN. 
    "Je l'assume, notre identité est menacée () quand on laisse 
des minorités nous imposer un mode de vie qui ne sera jamais le 
nôtre", a lancé Nicolas Sarkozy.  
    "J'en ai assez que l'on prenne des faux prétextes pour ne 
pas agir. L'Etat de droit ne peut pas être un Etat de 
faiblesse", a poursuivi celui qui prône une réduction 
"drastique" du nombre d'étrangers accueillis chaque année.  
    Pendant près d'une heure, le candidat à la primaire de la 
droite a décliné les mesures de son programme, de la réduction 
de 10% de l'impôt sur le revenu à la suppression de tout impôt 
sur les successions jusqu'à 400.000 euros, en passant par 
l'instauration d'un service militaire obligatoire pour les 
jeunes de 18 ans sans emploi ou en formation.  
    Plus tôt dans la journée, Manuel Valls avait dénoncé "la 
brutalité de ses propositions".  ID:nL8N1B61FD  
    "Il suit l'extrême droite, il embarque progressivement la 
droite républicaine, et d'ailleurs même les autres candidats aux 
primaires, y compris Alain Juppé, se laissent entraîner dans ce 
mouvement, dans cette voie-là, et ça m'inquiète", avait dit le 
Premier ministre sur BFM TV.  
    "Le peuple n'est pas xénophobe parce qu'il considère qu'il y 
a un problème avec l'immigration", lui a indirectement répondu 
Nicolas Sarkozy pendant son meeting. 
    "Il n'est pas raciste parce qu'il considère qu'il y a un 
problème avec l'islam fondamentaliste. Il n'est pas fasciste 
parce qu'il considère qu'il y a un problème d'insécurité."  
    Au premier rang, dans la salle, figuraient notamment le 
président de l'Association des maires de France, François 
Baroin, "mieux placé", selon ses propres termes, pour devenir 
son Premier ministre s'il est élu, et Christian Jacob, chef de 
file des Républicains à l'Assemblée nationale. 
    Dans l'assistance, les supporteurs de l'ex-chef de l'Etat 
l'ont applaudi aux cris de "Nicolas, Nicolas".  
    "J'aime son discours, il donne envie de le suivre", a dit 
Marie-France Leydier, retraitée de 69 ans. "Nicolas est de 
retour", a simplement résumé une autre femme en quittant les 
lieux.  
 
 (avec Ingrid Melander, édité par Chine Labbé) 
 
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