À Calais, l'attente dans l'angoisse

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Réfugiés sur une colline dominant la jungle de Calais, où se sont entassées jusqu'à plus de 10 000 personnes.
Réfugiés sur une colline dominant la jungle de Calais, où se sont entassées jusqu'à plus de 10 000 personnes.

Les poings enfoncés dans les poches, Hamed Abdul Rahmane contracte les épaules dans son blouson trop fin, et sautille pour se réchauffer. Il hésite un peu puis esquive la question : « Content ? De partir d'ici ? C'est un mot que nous avons oublié. Regardez les yeux des gens ici. Ils ont perdu espoir. » Ce Soudanais de 21 ans est arrivé dans cette jungle de Calais, qui vit ses derniers jours, il y a trois semaines seulement et il n'a aucune idée de ce qu'il veut faire. Monter dans les bus qui, lundi matin, mèneront les réfugiés vers les centres d'accueil et d'orientation (CAO), répartis dans toute la France ? Rester et tenter de gagner l'Angleterre ? « Peu importe, je veux juste sortir de ce cauchemar. Me réveiller le matin dans une maison, et prendre une douche. »

Une étape dans une vie d'errance

Il faut avoir vu Calais, pour comprendre. Les cloaques qui barrent les rues, les mains tendues sur les braseros, les pieds nus dans des sandales en plastique. Calais n'est pas un camp, c'est un bidonville. Un agrégat de tentes, de caravanes données par des associations, de préfabriqués, de containers, de rangées de toilettes chimiques d'où s'échappent des effluves puants, de toiles posées dans la boue visqueuse pour ménager des chemins, de sacs-poubelle, de restes de repas et de papier toilette dans les fourrés. En mars 2016, le gouvernement a fermé la partie sud. Depuis, la lande y a repris ses droits, mauvaise herbe...

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