À Calais, derrière la jungle, une ville riche en pleine transformation

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FOCUS - Transformation du littoral, écoquartiers, infrastructures... et même un parc d’attraction. La ville de Calais et son maire, Natacha Bouchart, ne manque pas d’imagination pour transformer la ville. Détails.

«Elle est où la jungle?» À peine embarqué dans le bus menant dans le centre de Calais - situé à une dizaine de kilomètres de la gare - la question jaillit de la bouche comme un réflexe. Pourtant, ce n’est pas le sujet de cette visite. Car Calais, il faut le rappeler, ne se limite bien évidemment pas à la jungle... Mais l’actualité incessante sur les migrants n’aide pas à montrer d’autres facettes: son potentiel touristique largement inexploité, les plages, le site naturel classé des Deux-Caps, son Histoire intrinséquement liée à la dentelle, son architecture locale... et tous les projets qui sont mis en œuvre pour transformer la ville!

Développement économique, valorisation, renouvellement urbain... Les projets à l’image de l’extension du port, Calais port 2015 - qui était présenté cette année au MIPIM - ne manquent pas. Calais a un potentiel de développement énorme... mais invisible. Cette image résume bien la situation: «Nous avons une plage extraordinaire qu’on ne voit pas depuis la ville. Si un Calaisien veut manger des frites face à la mer, il le fait depuis sa voiture. Il n’y a aucune alternative», explique Carole Vilet, architecte associé du cabinet parisien Arc.Ame.

«Il faut moins de cinq ans pour transformer la ville», s’enthousiasme cette architecte qui a le mérite de connaître Calais comme sa poche: c’est une enfant du pays, qui a déjà réalisé - entre autres - deux écoquartiers et l’école d’Art du Calaisis, avec son associé Laurent Pezin. «À terme Calais, devra devenir une base arrière de la métropole Lilloise», ajoute madame le maire Natacha Bouchart (Les Républicains) qui ne tarit pas d’éloge sur sa ville.

1,7 milliard d’euros sur les cinq ans à venir

Entrées de la ville à repenser, front de mer à inventer, repenser la centralité fonctionnelle et l’attractivité du centre-ville de Calais Saint-Pierre... Pourquoi diable autant à (re)faire? Pourquoi la ville ne s’est-elle pas développée? «À cause de 40 années de communisme!, répond un élu local. Les choses ont commencé à bouger à l’arrivée de Natacha Bouchart, en 2008.» Et elles devraient continuer. Au total, c’est 1,7 milliard d’euros qui vont être investi pour développer la ville pour les cinq années à venir, incluant une participation de l’État à hauteur de 3 millions d’euros. Depuis 2011, 35 millions d’euros ont déjà été investis pour la rénovation du patrimoine historique.

L’ensemble des projets va engendrer la création de 2600 nouveaux logements d’ici 2025. Quels sont les projets à venir dans le détail? Un éco-village balnéaire qui couvrira 160 hectares et abritera plus de 500 logements, un gigantesque Centre de conventions sur un site de 18.000 mètres carrés à proximité directe du port, et.... Héroic Land, un parc d’attraction familial qui couvrira 77 hectares, et qui vise directement les 32 millions de visiteurs européens qui transitent par Calais chaque année. Ouverture prévue en 2019.

Cependant, Natacha Bouchart est lucide. La priorité reste l’emploi. «Même si depuis 2011, Calais a bien résisté par rapport à d’autres villes, cela reste notre priorité. Et cela passe inévitablement par la requalification urbaine et ce patrimoine qui était resté à l’abandon», conclut-elle. Si tout se passe bien, le parc d’attraction Héroic Land à lui tout seul devrait créer environ un millier d’emploi.

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