A Bruxelles, Cameron bataille pour arracher des concessions

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    * Les discussions pour éviter un "Brexit" se prolongent 
    * Les partenaires de Londres rechignent à offrir trop de 
concessions 
    * Nouvelle séance prévue vendredi pour tenter de conclure un 
accord 
 
    par Elizabeth Piper et Francesco Guarascio 
    BRUXELLES, 19 février (Reuters) - Le Premier ministre 
britannique David Cameron a bataillé toute la nuit de jeudi à 
vendredi à Bruxelles avec des partenaires européens résolus à 
limiter les concessions offertes à Londres en vue d'une 
redéfinition des liens entre le Royaume-Uni et le Bloc des 
Vingt-Huit.  
    Un accord permettant à David Cameron de lancer sa campagne 
en faveur du maintien du Royaume-Uni au sein de l'UE lors d'un 
référendum en juin prochain paraît toujours envisageable à 
l'issue de ce Conseil européen qui se termine vendredi, mais des 
questions difficiles à trancher freinent les négociations. 
    En outre, le dîner qui a réuni les 28 chefs d'Etat et de 
gouvernement autour de la question des migrants s'est prolongé 
tard jeudi soir et l'idée de parvenir à un accord dans la 
matinée lors d'un "english breakfast" réunissant tous les 
dirigeants a été abandonnée au profit d'un "brunch".  
   "Cela pourrait prendre plus longtemps qu'ils ne pensent", a 
commenté le Premier ministre irlandais Enda Kenny en quittant 
dans la nuit le centre de conférences où s'entretenaient encore 
David Cameron et le président français François Hollande, ainsi  
que les Premiers ministre belge Charles Michel et tchèque 
Bohuslav Sobotka. 
    Ces trois dirigeants ont discuté avec le Premier ministre 
britannique des principaux points de blocage contenus dans le 
projet d'accord élaboré par le président du Conseil européen 
Donald Tusk, qui a dit aux journalistes que des progrès avaient 
été enregistrés mais qu'il restait "encore beaucoup de travail". 
    
    "AUCUNE MARGE DE MANOEUVRE" 
    A son arrivée, David Cameron a souhaité conclure "un accord 
suffisamment fort pour convaincre le peuple britannique" (...) 
et "régler ce problème pour une génération". 
     Mais son entourage a par la suite exprimé sa frustration 
face au peu de concessions offertes par les autres pays membres. 
    "Beaucoup de pays disent vouloir s'assurer du maintien de la 
Grande-Bretagne au sein de l'UE, mais on ne voit pas beaucoup 
comment ils comptent mettre cela en pratique, en n'offrant 
aucune marge de manoeuvre", a déclaré un conseiller du Premier 
ministre. 
    La France souhaite amender le projet d'accord pour garantir 
que Londres ne pourra pas bloquer des mesures concernant les 
pays de la zone euro et répété son refus de voir les 
institutions financières britanniques bénéficier d'un avantage 
compétitif grâce à une réglementation à part.  
    La durée pendant laquelle les travailleurs européens 
étrangers seraient privés d'allocation sociales au Royaume-Uni 
continue de faire débat, en particulier avec les pays de l'Est, 
dont les ressortissants sont les plus concernés.  
    Et la Belgique cherche à limiter les dommages causés au 
projet européen d'une Union "sans cesse plus étroite" par la 
garantie donnée au Royaume-Uni qu'il n'aura jamais à partager 
davantage de souveraineté.  
    Le président du Conseil italien Matteo Renzi s'est dit "un 
peu moins optimiste" au sortir des discussions qu'à son arrivée 
à Bruxelles.  
    La chancelière allemande Angela Merkel a reconnu des 
difficultés mais salué la "volonté" de garder le Royaume-Uni au 
sein de l'UE.  
     
     
 
 (Rédaction européenne, avec Jean-Baptiste Vey; Jean-Stéphane 
Brosse pour le service français) 
 
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