A Bologne, Blu repeint en gris le travail d'une vie

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Effacement d'une Fresque du graffeur Blu à Bologne en mars 2016
Effacement d'une Fresque du graffeur Blu à Bologne en mars 2016

Pour protester contre leur marchandisation, le street-artiste a effacé ses œuvres dans la ville de ses débuts.

Ni visage, ni biographie, ni déclarations. Blu, le nom d’artiste qu’il s’est choisi, est à la fois sa signature et la seule identité qu’il souhaite laisser à la postérité. Sa fiche Wikipédia en italien ne mentionne qu’un lieu de naissance (Senigallia, dans les Marches), des débuts de graffeur à Bologne à la fin des années 1990. Ses interventions aux Etats-Unis, en Amérique du Sud, en Palestine et en Europe. Elle rappelle également que le journal anglais The Guardian l’a classé, en 2011, parmi les dix meilleurs artistes de rue au monde.

Le plus radical aussi. Le 12 mars, les habitants de Bologne ont pu constater sa détermination à préserver la nature urbaine et publique de son travail et son intransigeance vis-à-vis du marché de l’art. En une nuit, aidé d’une cinquantaine de membres de deux centres sociaux de la ville (Xm24 et Crash) au sein desquels Blu a commencé de travailler, il a fait disparaître ses œuvres des murs de la ville en les faisant recouvrir d’une peinture grise pendant qu’un orchestre jouait ironiquement quelques notes de Nel blu ­dipinto di blu, titre original de la chanson Volare, avec laquelle son auteur, Domenico Modugno, triompha au Festival de San Remo, en 1958.

Ce geste iconoclaste et irrépa­rable se veut une réponse à l’inauguration, vendredi 18 mars, d’une exposition intitulée Street Art. Banksy & Co. L’arte allo stato urbano. L’événement est organisé par l’association Genus Bononiae, la banque Carisbo et l’ancien recteur de l’université de Bologn...

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