A Berlin, Pierre Moscovici plaide pour des "Eurobills"

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PIERRE MOSCOVICI PLAIDE POUR DES EURO-OBLIGATIONS
PIERRE MOSCOVICI PLAIDE POUR DES EURO-OBLIGATIONS

BERLIN (Reuters) - Le ministre français de l'Economie, Pierre Moscovici, a appelé mardi à Berlin à une mutualisation des dettes à court terme au sein de la zone euro sans aller jusqu'à préconiser l'émission d'euro-obligations dont il a reconnu que le gouvernement d'Angela Merkel y était fermement opposé.

"Nous ne parlons plus d'euro-obligations. Je suis conscient qu'en Allemagne c'est une ligne rouge pour certains, dont le gouvernement actuel", a déclaré Pierre Moscovici lors d'une conférence au côté de son homologue allemand Wolfgang Schäuble.

"Ce que je veux dire, c'est que nous devons traiter ensemble le problème de la dette et qu'elle doit être garantie par l'ensemble des dix-sept membres de la zone euro afin de mettre en commun certains instruments de financement à court terme des Etats pour construire la première étape vers une certaine forme de mutualisation de la dette", a déclaré Pierre Moscovici qui s'exprimait en anglais.

La chancelière, critiquée en Allemagne pour le soutien apporté aux pays en difficulté de la zone euro, est résolument opposée aux euro-obligations. Pour Merkel, qui envisage de briguer un troisième mandat lors des élections prévues en septembre 2013, elles risqueraient de réduire la pression sur les pays qui doivent assainir leurs comptes publics.

Les propos de Pierre Moscovici semblent se référer au projet d'"Eurobills" qui remonte à la fin de l'année dernière et porte sur une mutualisation partielle à très court terme des dettes souveraines de la zone euro.

FAUSSES ET CONTREPRODUCTIVES

Porté par deux économistes, dont l'un, Thomas Philippon, est conseiller économique au cabinet du ministre français, ce projet prévoit la mise en place d'une nouvelle agence de la dette pour la zone euro.

La possibilité d'émettre des titres à très court ou court terme, de moins d'un an de maturité, garantis par les 17, serait soumise, selon ce projet, au respect des critères de déficit public et d'objectifs de politique économique fixés par l'UE.

Peu après la présentation du projet, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn avait qualifié les "Eurobills" de première étape avant la mise en place d'"obligations de stabilité". L'opposition allemande a toutefois eu raison des velléités de discussions plus formelles autour de cette idée.

Les "Eurobills" faisaient partie de la liste des idées qualifiées "d'économiquement fausses et contreproductives" par Angela Merkel avant la tenue d'un Conseil européen au mois de juin.

Le ministre français et son homologue allemand ont soutenu l'idée d'un budget à part pour les 17 pays membres de la zone euro, au côté de celui des 27 pays membres de l'UE.

Pierre Moscovici a déclaré que ce budget spécifique à la zone euro pourrait constituer "un stabilisateur automatique pour les questions clés pour le succès de notre union monétaire".

"Un tel budget ne dupliquerait pas, de mon point de vue, le budget existant de l'UE à 27", a-t-il ajouté.

Les deux ministres ont par ailleurs réitéré leur engagement à maintenir la Grèce au sein de la zone euro et à trouver une solution complète et durable pour le pays avant la fin du mois prochain. Les ministres des Finances de la zone euro doivent tenir une téléconférence sur la Grèce mercredi.

Stephen Brown, Annika Breidthardt, Constance De Cambiaire et Marc Joanny pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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  • ddt15 le mardi 30 oct 2012 à 15:35

    moscovici s est trompe en parlant des eurobills, il voulait parler des debills du gouvernement