À Bamako, la chasse aux islamistes dérape

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REPORTAGE - L'état d'urgence décrété au Mali confère aux autorités «le pouvoir d'ordonner en tout lieu des perquisitions de jour et de nuit». Les abus et humiliations se multiplient.

Bamako

Modibo Doumbia fréquente la mosquée wahhabite Chaka Koné de Niamakoro, à Bamako. Il est ce qu'on appelle ici un pratiquant sounnite. Un terme qui n'a rien à voir avec l'appellation «sunnite» (par opposition à chiite), et qui est utilisé au Mali pour désigner les fidèles d'obédience wahhabite, réputés pour leur rigueur et les signes ostentatoires de leur foi.

Mardi dernier, lorsqu'il arrive dans la boutique où il travaille, Modibo Doumbia ne trouve pas que des clients. «Il y avait trois gendarmes qui m'attendaient, raconte-t-il. Ils m'ont pris mon téléphone, m'ont demandé de fermer la boutique et de les suivre dans leur véhicule. Nous sommes passés chez les pompiers chercher trois autres gendarmes et des chiens, et nous sommes allés chez moi. Ils ont f...



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