A Assise, le pape François dénonce le matérialisme et la vanité

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par Philip Pullella

ASSISE, Italie (Reuters) - Le pape François s'est rendu vendredi à Assise, ville du centre de l'Italie où le saint dont il a adopté le nom vécut au XIIe siècle et a profité de ce déplacement symbolique pour lancer un nouvel appel à l'humilité au sein du clergé.

Saint-François reste pour les catholiques et de nombreux chrétiens une incarnation de la simplicité, du dénuement volontaire et de l'amour des autres, des qualités que le Saint-Père ne cesse de prôner depuis le début de son pontificat.

Elu au mois de mars, François s'efforce de donner une nouvelle image de l'Eglise catholique prise dans une série de scandales financiers et d'affaires de pédophilie.

"C'est une excellente occasion d'inviter l'Eglise à se débarrasser de son matérialisme", a dit le pape dans la pièce où Saint-François, alors jeune homme, s'était entièrement dévêtu, avait renoncé à la richesse de sa famille et embrassé la mission de servir les pauvres.

"Un danger menace chacun d'entre nous au sein de l'Eglise. Le danger du matérialisme. Il nous conduit à la vanité, à l'arrogance et à la fierté", a-t-il ajouté devant des personnes déshéritées présentes dans l'un des appartements de l'archevêché d'Assise.

Comme il a pris l'habitude de le faire, le souverain pontife s'est exprimé de manière improvisée, renonçant à lire les versions de deux discours préparés pour ce déplacement.

Cette spontanéité a de nouveau ému l'assemblée venue à sa rencontre pour découvrir ce pape qui a imposé un style fait d'ouverture, de simplicité et d'écoute.

Quelques jours après son élection, l'ex-cardinal Jorge Bergoglio avait dit vouloir instaurer une "Eglise pauvre, pour les pauvres".

Depuis, il n'a eu de cesse de mettre ses paroles en pratique et de montrer l'exemple, renonçant aux somptueux appartements papaux pour occuper les quartiers réservés aux invités du Vatican.

Son discours est autant à l'adresse des fidèles qu'à celle de la hiérarchie ecclésiastique, évêques, cardinaux et pape lui-même étant invités à faire preuve d'humilité et à résister à la tentation des biens matériels.

L'IDOLE DE LA VANITÉ

A Assise, le pape François a une nouvelle fois rappelé que la vanité, l'arrogance et la fierté étaient des idoles façonnées par un matérialisme dont chacun devait apprendre à se défaire.

Premier pape ne venant pas du continent européen depuis 1.300 ans, Jorge Bergoglio a formé trois commissions chargées de le conseiller sur les mesures à prendre afin améliorer la transparence des pratiques du Vatican, notamment en matière financière.

Il a également proposé que les couvents et monastères vides, en raison de la crise des vocations, soient ouverts aux migrants et aux réfugiés.

Le pape a écouté les récits que lui ont faits des personnes dans l'assistance et est apparu ému par ce qu'il entendait.

"Beaucoup d'entre vous ont été dépouillés par ce monde sauvage qui ne fournit pas d'emploi, qui n'apporte aucune aide, qui ne se soucie pas de savoir si les enfants meurent de faim, qui ne s'inquiète pas qu'autant de familles n'aient rien à manger", a-t-il dit.

Devant plusieurs milliers de personnes rassemblées à l'extérieur de la basilique de pierre rose où Saint-François est inhumé, le pape a aussi appelé au respect de l'environnement lors d'une messe. Il a plaidé pour le respect de "tout ce que Dieu a créé" et exhorté les fidèles "à ne pas être des instruments de la destruction".

Il a une nouvelle fois dénoncé ce monde "qui se moque qu'autant de gens fuient la pauvreté et la faim, fuient pour trouver la liberté et rencontrent la mort, comme cela s'est produit hier (jeudi) à Lampedusa".

Faisant référence aux 300 personnes qui ont péri dans le naufrage d'une embarcation à un kilomètre et demi de la côte de cette île entre la Tunisie et la Sicile, le pape François a ajouté: "Aujourd'hui est une journée de larmes".

Pierre Sérisier pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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  • PAINPONT le mardi 8 oct 2013 à 17:32

    il doit montrer l'exemple et accueillir 200 ou 300 émigrés .

  • LeRaleur le vendredi 4 oct 2013 à 14:59

    Le Pape François, on s'en fout, qu'il s'occupe plutôt des chrétiens d'Orient euthanasiés depuis 1400 ans.