A Angers, les vents tristes et les fjords glacés occupent les écrans

le
0

Le festival Premiers Plans offre, jusqu’au 31  janvier, une sélection de films islandais à l’univers aussi singulier que leur île.

L’Islande des films est une mère possessive, que l’on adore sans pouvoir la quitter, avec laquelle on vit en rêvant qu’on la quitte. Les cinéastes qu’elle voit naître la délaissent pour apprendre le métier ailleurs (faute, pour l’heure, d’une véritable école sur place), puis reviennent – et le cinéma qu’ils inventent alors ne ressemble à aucun autre. Au 28e festival Premiers Plans d’Angers, une sélection islandaise mêlant films de patrimoine et avant-premières en offrait du 22 au 31 janvier un bel échantillon, qui disait sur tous les tons et dans tous les genres cette réticence à couper le cordon.

Même les plus aimants des enfants de l’Islande, ceux qui rimaillent pour chanter sa beauté, sentent la poudre d’escampette. Anna, dans Back Soon (2008), de Solveig Anspach, une poétesse locale adulée par un étudiant français, est consommatrice enthousiaste de marijuana – et trafiquante à succès. Dans Life in a Fishbowl (2014), de Baldvin Zophoniasson, l’écrivain et le poivrot local sont une même personne, Mori, qui entre deux déclamations sublimes s’effondre sur le zinc, le nez dans la bière. Chanter l’Islande ne semble pouvoir se faire que dans la brume d’un paradis artificiel.

On boit beaucoup et on se drogue plus encore Même sans être poète, on boit beaucoup dans ces films, et l’on s’y drogue plus encore. C’est bruyant et potache dans Back Soon, silencieux et terrible dans Sparrows (2015), de Runar Runarsson, poignant tableau d’adolescence qui pourrait ressembler à tous les a...

Retrouvez cet article sur LeMonde.fr


Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant