5.000 km à pied pour découvrir la "peur" des Français

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JEAN LASSALLE TIRE UN RAPPORT TRÈS SOMBRE SUR L'ÉTAT D'ESPRIT DES FRANÇAIS
JEAN LASSALLE TIRE UN RAPPORT TRÈS SOMBRE SUR L'ÉTAT D'ESPRIT DES FRANÇAIS

PARIS (Reuters) - Un député français qui a effectué 5.000 km à pied et rencontré des milliers de personnes dans 18 régions en a tiré un rapport très sombre sur l'état d'esprit de ses compatriotes qui, selon lui ont peur, sont résignés et détestent la politique.

Jean Lassalle, un élu MoDem des Pyrénées-Atlantiques, a parcouru la France pendant huit mois seul, s'arrêtant dans 1.500 villes et villages pour prendre le pouls de son pays grâce à une multitude de conversations avec ceux qu'il rencontrait.

"J'ai été surpris par le niveau à la fois de colère et de résignation qui imprégnait la population", a-t-il déclaré mercredi lors de la présentation de son rapport de 200 pages qu'il remettra début avril à François Hollande.

"Je m'y attendais mais je ne pensais pas que la détestation des politiques atteindrait un tel degré. L'avenir qu'on me décrit est sombre", dit-il. "Les Français ont peur. Notre peuple n'a pas de perspectives, il n'y croit plus et n'a plus envie."

Jean Lassalle n'est donc pas étonné du nouveau record d'abstention - 36,45% - battu dimanche lors du premier tour des élections municipales, qui ont illustré la défiance des Français vis-à-vis de la classe politique traditionnelle, comme en témoigne la percée réalisée par le Front national.

La crise touche selon lui tous les secteurs : la famille, l'économie, le religieux, l'identité, le politique et l'idéologique, ce qui entraîne "une perte du lien social, une incompréhension du monde globalisé, une perte des valeurs".

Il propose quelques pistes, comme la mise en place de référendums locaux, le renforcement de la lutte contre le déclassement social, la réduction de la fracture entre les générations ou transformer l'Europe en une puissance respectée.

Le député, qui n'hésite pas à faire des comparaisons avec les Cahiers de doléances de 1789, à la veille de la Révolution, estime toutefois "qu'il n'est pas trop tard".

"Les Français sont prêts à espérer", dit-il. "J'ai ressenti leur envie d'oeuvrer pour que le nouveau destin français passe par une évolution et non une révolution."

"Il suffirait d'une prise de conscience et de confiance pour qu'elle renoue avec la place qui fut la sienne."

(Emile Picy, édité par Yves Clarisse)

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  • agavois1 le mercredi 26 mar 2014 à 13:54

    il faudrait surtout des dirigeants en qui on puisse faire confiance, ce qui est très loin d'être le cas!!

  • sidelcr le mercredi 26 mar 2014 à 13:30

    Ridicule , il suffisait de faire un tour du paté de maison pour avoir le même son des cloches que nous sommes .

  • duine le mercredi 26 mar 2014 à 13:12

    il a fallu qu'il fasse 5000 km à pied pour s'apercevoir du dégout profond des français pour la classe (caste) politique dont lui-même appartient aussi à cette "élite" de bas étage!!!Va bientôt nous refaire une grève de la faim ou quoi le jeannot???