3eme journée : La défaite des Bleus en questions

le
0

Défaillant au pied, à l'image de Jules Plisson, et clairement en manque de solutions, le XV de France a été dominé par le pays de Galles (19-10). Les Bleus, pourtant courageux, concèdent leur première défaite de l'ère Novès.

Quelle a été l'ambiance ?

En raison d'un souci technique, le toit est finalement resté ouvert toute la soirée. Plutôt une bonne nouvelle pour les Bleus qui ont évolué dans une ambiance légèrement moins bruyante. Cela n'a évidemment pas empêché le bon déroulement de l'avant-match, avec la chorale (avec un bouc), le traditionnel feu d'artifice, les lasers, etc... Bref, tout ce qui fait la magie du Millennium.

En 2014, les hommes de Philippe Saint-André, paralysés, avaient explosé d'entrée. Cette semaine, Guy Novès, lui, a voulu minimiser le contexte hostile. Et pour une fois, les Bleus n'ont pas dû patienter plusieurs minutes sur la pelouse avant l'arrivée des Gallois. Les deux équipes sont arrivées en même temps avant une minute de silence en hommage aux Fidji puis les hymnes. Le soutien des 74 160 spectateurs a malgré tout fait du bruit. Beaucoup même. Le public français s'est aussi fait entendre, notamment sur un bon temps fort des Bleus à la 30eme minute. Mais l'explosion de joie est intervenue à la 46eme minute sur l'essai de George North puis bien sûr au coup de sifflet final.

Comment s'est comportée la charnière française ?

Si Jules Plisson avait conservé sa place de titulaire, Maxime Machenaud, lui, a intégré le XV de départ, à la place de Sébastien Bézy. Comme à Murrayfield en 2014, l'ouvreur du Stade Français et le demi de mêlée du Racing 92 étaient alignés d'entrée. Le début de match a plutôt été hésitant pour la charnière, notamment dans le jeu au pied beaucoup trop approximatif de Plisson (avec notamment un cafouillage à la 9eme minute suite à un bras cassé et un ballon directement tapé en touche) et une pénalité lointaine ratée (16eme).

La comparaison avec son homologue gallois Dan Biggar était cruelle pour le Français. Heureusement, Plisson a réduit le score à la 35eme mais sa première période a été compliquée. Machenaud, lui, a commis un en-avant à la 15eme en voulant servir Vakatawa. Mais le pire était à venir pour Plisson. Quelques secondes après avoir été sonné en perdant un ballon, le numéro dix français a commis un énorme cafouillage défensif. Pas franchement verni, il a remis au pied sans le vouloir à North qui n'avait plus qu'à aplatir ce bel essai casquette. Peu après l'heure de jeu, Plisson s'est fait intercepter une passe. Quelques secondes plus tard, il a été remplacé par François Trinh-Duc (63eme) au terme d'une prestation ratée.

Comment Djibril Camara a fêté sa première sélection ?

C'était la surprise de la semaine. Djibril Camara (26 ans) a vécu sa première sélection avec le XV de France. L'ailier du Stade Français, arrivé dimanche à Marcoussis après le forfait de Teddy Thomas, a lancé sa carrière internationale par une titularisation à Cardiff, et le numéro onze dans le dos. Il a touché un premier ballon dès la première minute, mais après une passe en-avant de Plisson. Dix minutes plus tard, Camara a tenté de percer mais a dû se contenter d'une course latérale.

Rares ont été les bons ballons à négocier. Défensivement, un ballon perdu est à signaler à la 20eme minute. L'ailier français a été très discret en attaque, comme le reste de ses partenaires. Il aura fallu la 53eme minute pour qu'il se mette en évidence. Après un coup de pied en diagonale de Plisson, Camara a immédiatement servi Médard pour une belle occasion.

Quel style de jeu a développé le XV de France ?

Comme face à l'Irlande voilà deux semaines, cette jeune équipe de France a été sevrée de ballons en première période et surtout cantonnée dans son camp. Les statistiques sont claires : 67% d'occupation et 59% de possession pour le pays de Galles après les quarante premières minutes. Hormis un bon temps fort à la 30eme minute, les joueurs de Guy Novès n'ont fait quasiment que défendre. Et bien d'ailleurs à l'image notamment de Jefferson Poirot qui a gratté deux ballons, dont un très important avant la pause. Du coup, les Français ne comptaient que trois points de retard à la mi-temps (6-3).

L'entame de la seconde période a en revanche été bien plus délicate avec un dix-zéro encaissé en huit minutes. Mais Guilhem Guirado (auteur d'un excellent match) et ses partenaires ont ensuite eu davantage de bons ballons et de temps de jeu dans le camp adverse, grâce notamment à leur pack, sans pour autant les concrétiser. En panne de solution et défaillants dans le jeu au pied, ces Bleus couragreux mais encore trop tendres ont affiché des lacunes évidentes. L'essai inscrit par Guirado, en fin de match, n'y a rien changé (19-10).

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant