31 milliards dépensés dans les réparations

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La France est le seul pays européen où le prix des pièces détachées est orienté à la hausse depuis dix ans.

Le litre d'essence sans plomb approche de la barre des 2 euros, et pour les Français, cette envolée du prix du carburant symbolise le poids croissant des dépenses liées à l'automobile.

Les données communiquées par l'Autorité de la concurrence ce mercredi dressent pourtant un autre constat de la répartition des dépenses des Français en matière d'automobile. Le premier poste dans ce domaine concerne en effet l'entretien et la réparation des véhicules. Les Français y consacrent 37 % de leur budget automobile. Cette part importante s'explique pour partie par la hausse de près de 30 % du coût de l'entretien et de la réparation depuis 2000, selon l'Insee. En revanche, le nombre d'interventions a baissé de 15 %, montrant ainsi la fiabilité croissance des voitures.

«Des pièces plus chères en France, de 6 à 15 %»

Le deuxième poste de coût porte sur la consommation de carburant, avec 28 % du budget. Et l'achat du véhicule n'est que troisième, avec 24 % des dépenses. Loin derrière viennent les assurances (4 %) et les autres dépenses (7 %), comme le péage ou le parking.

En valeur, l'Autorité de la concurrence avance le chiffre de 31,2 milliards d'euros consacrés à l'entretien et à la réparation en 2010. Les pièces détachées dans leur ensemble représentent un peu moins de la moitié de cette somme, soit 15 milliards d'euros. «Environ 20 % de ces pièces détachées portent sur des éléments de carrosserie en situation de monopole, estime Étienne Pfister, rapporteur général délégué de l'Autorité de la concurrence. Et nous avons calculé que ces pièces protégées sont plus chères en France de 6 à 15 %, par rapport à des pays où ce monopole n'existe plus.»

L'Autorité de la concurrence va même plus loin en évaluant entre 200 et 250 millions d'euros le bénéfice supplémentaire engrangé par les constructeurs automobiles en France sur ce segment des pièces de carrosserie.

Les fabricants français ont pourtant bien besoin de cet argent pour équilibrer les comptes de leur division automobile. En effet, ils se livrent une concurrence féroce dans les ventes de véhicules neufs. Et, au final, leur marge opérationnelle apparaît bien faible dans cette branche automobile. En 2011, elle n'était que de 0,8 % pour Renault et PSA Peugeot Citroën y a même perdu de l'argent.

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