30 ans de Tchernobyl : les victimes dénoncent toujours un «mensonge d'Etat»

le , mis à jour à 07:33
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Le nuage s'est «arrêté à la frontière». Si la phrase a aujourd'hui tout du gimmick comique, on oublie que ce fut la position officielle du gouvernement français pendant douze jours, de la révélation de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl le 28 avril au 10 mai 1986. Douze longs jours pendant lesquels les services de l'Etat ont assuré à la population qu'elle ne risquait rien et n'a imposé aucune restriction sanitaire. Trente ans après, le souvenir de cette attitude gouvernementale cristallise toujours la colère de milliers de «victimes», en mal de reconnaissance officielle.

Encore à ce jour, l'Etat n'a jamais admis de lien de causalité entre les retombées radioactives de Tchernobyl et la hausse de certaines pathologies observées en France, notamment des cancers de la thyroïde. Dans certaines régions de l'Est, particulièrement touchées, politiques et associations se battent toujours pour obtenir ne serait-ce qu'un mea culpa.

Un constat sans preuve

«Quand en 1987 j'ai dû partir à l'hôpital de Marseille me faire opérer de la thyroïde, on était plein de Corses dans la salle d'attente.» A Bastia, Mimi Lenziani, 79 ans, se souvient qu'à l'époque, tous les médecins expliquaient ces cancers soudains par le nuage de Tchernobyl. Sur l'île de Beauté, les grosses averses des jours qui ont suivi la catastrophe ont accentué le dépôt de radioactivité dans les sols. Et, comme dans d'autres régions rurales, la consommation courante de lait, fromage frais et légumes du jardin n'a rien arrangé.

Personne ne nie aujourd'hui cette contamination de la terre. Nombre d'études ont été réalisées dans les Vosges, le Mercantour ou encore les Alpes. En revanche, l’État ne reconnaît ni l'impact de cette irradiation sur la santé ni son éventuelle négligence dans la protection des populations. «Pendant que chez nous, le gouvernement nous disait de ne pas nous inquiéter, les pays voisins prenaient des dispositions qui ont ...

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  • frk987 il y a 9 mois

    Dans les années qui ont suivi Tchernobyl les endocrinologues (profession assez rare), bossaient comme des fous pour absorber le nombre de malades.....un hasard sûrement !!!!

  • frk987 il y a 9 mois

    Ce fut un vrai scandale à l'état de l'art...indirectement ma mère en est morte. Problème de thyroïde lié à Tchernobyl (certitude médicale, dixit le spécialiste), traitement trop fort et conséquence fatale sur les valves cardiaques. Combien de gens dans ce cas ??????????