30 ans de Tchernobyl : l'accident qui a fissuré le Rideau de fer

le , mis à jour à 07:33
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La catastrophe de Tchernobyl, qui s'est déroulée il y a tout juste 30 ans, a mis en lumière les lacunes de la collaboration internationale en matière de sécurité nucléaire. Pour comprendre la réaction tardive des dirigeants occidentaux au drame, il faut revenir en 1953. En pleine guerre froide, les Etats-Unis d'Eisenhower souhaitent s'assurer que l'URSS, qui dispose depuis peu de la technologie nucléaire, utilise cette énergie à bon escient. Washington milite alors pour la création d'une organisation internationale chargée du contrôle pacifique de l'atome.

Dès sa naissance en 1956, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a pour priorité de veiller à ce qu'un programme civil ne cache pas des ambitions militaires. Au risque de négliger la question de la sécurité du nucléaire… civil. Comme les quatre autres détenteurs officiels de l'arme atomique (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni), l'URSS signe le traité de non-prolifération nucléaire (TNP) en 1968. Elle n'est, en revanche, pas partie des conventions régionales visant à imputer la responsabilité d'une catastrophe nucléaire à l'exploitant de la centrale concernée. Rien ne l'oblige, par ailleurs, à communiquer sur un éventuel accident.

Quand le nuage de Tchernobyl passe les frontières de l'URSS le 27 avril 1986, Moscou n'alerte pas les capitales étrangères. Le Comité d'Etat soviétique ne s'entretient avec l'AIEA qu'à partir du 5 mai. A l'issue des discussions, l'URSS convient de fournir tous les renseignements dont elle dispose sur l'accident et s'engage en faveur d'un dispositif de notification rapide en cas de rejets importants de radioactivité. Un premier pas.

Mieux coordonner l'urgence

Réuni en session extraordinaire le 21 mai 1986, le Conseil des gouverneurs de l'AIEA désire unanimement renforcer le programme de sûreté nucléaire de l'organisation. Il décide la convocation de deux groupes d'experts pour une meilleure collaboration entre ...

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