25 banques de la zone euro en échec, 12 ont comblé les manques

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LA BCE INDIQUE QUE 25 BANQUES DE LA ZONE EURO ONT ÉCHOUÉ AUX STRESS TESTS
LA BCE INDIQUE QUE 25 BANQUES DE LA ZONE EURO ONT ÉCHOUÉ AUX STRESS TESTS

par Laura Noonan et Eva Taylor

FRANCFORT (Reuters) - Vingt-cinq des 130 principales banques de la zone euro ont échoué à l'examen global de leur situation financière et présentaient à la fin de l'année dernière un déficit cumulé de fonds propres de 25 milliards d'euros, a annoncé dimanche la Banque centrale européenne (BCE).

Douze des banques concernées ont déjà comblé ce déficit en levant un total de 15 milliards d'euros de capitaux depuis le début de cette année.

Le système bancaire italien apparaît le plus mal loti avec neuf établissements ayant raté les tests, selon l'Autorité bancaire européenne (ABE), qui a coordonné l'exercice avec la BCE.

Banca Monte Paschi di Siena affichait le déficit de fonds propres le plus important, à 2,1 milliards d'euros fin septembre, malgré l'augmentation de capital réalisée cette année.

L'ABE a précisé que trois banques grecques, trois chypriotes, deux établissements en Belgique et en Slovénie respectivement et un seul en France, en Allemagne, en Autriche, en Irlande et au Portugal avaient échoué à l'examen à la fin de l'année dernière.

En France, toutes les grandes banques ont réussi les "tests de résistance" et l'examen de la qualité de leurs actifs a dit la Banque de France.

Seule la Caisse de refinancement de l'habitat (CRH), un organisme de la place de Paris qui sert au refinancement sécurisé de crédits immobiliers résidentiels, a fait apparaître un déficit de fonds propres au 31 décembre 2013, qu'elle a comblé depuis par une augmentation de capital de 250 millions d'euros.

RELANCER LE CRÉDIT

Ce vaste "bilan de santé" du secteur, conjugué à une évaluation de sa capacité à résister à d'éventuels "chocs", réalisé par la BCE et l'ABE est destiné à tourner la page de la crise financière et à restaurer la confiance des investisseurs. C'est aussi le préalable au passage à une supervision unique du secteur par la BCE à partir du 4 novembre.

"Les résultats assurent qu'à l'avenir, la reprise économique ne sera pas pénalisée par des restrictions à l'offre de crédit", a dit le vice-président de la BCE, Vitor Constancio, lors d'une conférence de presse dimanche.

Les autorités de surveillance bancaires entendaient vérifier que les banques disposaient d'un ratio de fonds propres durs d'au moins 8% de leurs engagements pondérés des risques dans un environnement économique considéré comme normal sur une période de trois ans et d'au moins 5,5% dans un scénario plus sombre, dit "stressé".

Les établissements présentant un déficit de fonds propres disposent de deux semaines pour préciser comment ils vont le combler. Une fois leur plan approuvé par la BCE, ils disposeront de neuf mois pour le mettre en oeuvre.

L'ABE, qui a soumis 123 banques de l'Union européenne aux tests de résistance à d'éventuels chocs, comme une récession, sur la période 2014-2016, a dit que 24 d'entre elles avaient échoué.

L'examen conduit par la BCE portait sur un plus grand nombre de banques au sein de la zone euro car il intégrait des filiales de grandes banques.

136 MILLIARDS DE PRÊTS DOUTEUX EN PLUS

Un examen approfondi et à grande échelle de la qualité et de la solidité des banques de la zone euro était jugé critique pour la crédibilité de la BCE mais aussi pour une relance du crédit, considérée comme un préalable nécessaire à la reprise d'une économie de la zone euro à la peine.

Rien ne garantit toutefois que ce sera le cas.

"Penser que le crédit peut d'une certaine manière soutenir le PIB est une illusion et je ne sais pas comment cette idée a pu s'immiscer dans le débat public", a dit Erik Nielsen, économiste en chef d'UniCredit.

Aux termes de la revue de la qualité des actifs au 31 décembre 2013, la BCE a estimé que les bilans des banques devaient être revus à la baisse de 48 milliards d'euros (dont 11 milliards pour les banques ayant échoué) et que le montant global des portefeuilles de prêts douteux devait être relevés de 136 milliards à 879 milliards.

Elle n'exigera pas des établissements dont des actifs sont surévalués qu'ils prennent des mesures correctrices immédiates mais ils devront renforcer leurs fonds propres, ce qui limitera leur capacité à accroître la taille de leur bilan ou à rémunérer leurs actionnaires.

Le redémarrage du crédit reste surtout suspendu à l'évolution de la demande.

"Les entreprises ont besoin de croire en une augmentation de la demande pour leurs produits avant de demander des crédits et maintenant que la croissance de la demande extérieure n'est plus au rendez-vous, c'est le moment où la zone euro a besoin d'une stimulation de la demande (interne)", estime Erik Nielsen.

(Matthias Blamont et Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand)

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