2017-Valls prône le rassemblement d'une gauche émiettée

le
0
    * Meeting de rentrée du gouvernement près de Toulouse 
    * Valls appelle le PS à "redoubler d'efforts" en vue de 2017 
    * Sarkozy, "une menace considérable" 
 
    COLOMIERS, Haute-Garonne, 29 août (Reuters) - Manuel Valls a 
placé lundi la rentrée du gouvernement sous le signe du 
rassemblement et du débat, appelant à surmonter les querelles de 
la majorité à huit mois d'une élection présidentielle où la 
gauche part éclatée.  
    Après l'annulation de l'université d'été du Parti Socialiste 
prévue à Nantes, le Premier ministre a tenu meeting à Colomiers, 
près de Toulouse (Haute-Garonne) en présence de quatre membres 
du gouvernement et du premier secrétaire du PS, Jean-Christophe 
Cambadélis. 
    Intitulé "L'essentiel, c'est la République", la réunion a vu 
défiler à la tribune Stéphane Le Foll, Marisol Touraine et Najat 
Vallaud-Belkacem, venus défendre le quinquennat de François 
Hollande devant un millier de militants et sympathisants. 
    Dans un contexte marqué par la polémique sur le "burkini" et 
les divisions à gauche, où des ténors comme Arnaud Montebourg et 
Benoît Hamon ont lancé leur candidature pour 2017, Manuel Valls 
a appelé à s'unir pour préserver une chance de l'emporter. 
    "Parlons-nous franchement : l'éventualité est très sérieuse 
qu'il y ait un second tour entre la droite et l'extrême droite", 
a-t-il déclaré. "Mais moi, je ne vois que la gauche capable de 
rassembler le camp des républicains. Alors, il va falloir 
redoubler d'efforts, pour être là, pour être ceux qui 
rassembleront les Français." 
    "Face à l'islamisme radical, aux dangers de l'extrême 
droite, aux tensions (...) nous devons combattre, apporter des 
solutions fortes. Ne jamais tomber dans la demi-mesure".   
    Celui qui reste loyal au président, lequel dira en décembre 
s'il brigue ou non un second mandat, a défendu les réformes du 
quinquennat finissant, du tiers-payant à la réforme du collège 
en passant par le "mariage pour tous".  
    "Les solutions, c'est la gauche qui les a mises en oeuvre", 
a dit le Premier ministre.    
     
    "MARIANNE A LE SEIN NU" 
    Il a ciblé en priorité l'ancien président Nicolas Sarkozy, 
candidat à la primaire de la droite pour la présidentielle. 
    "Une menace considérable", a-t-il dit. "C'est un programme 
brutal, d'affrontements, qui vise les corps intermédiaires et 
notre modèle social. Il prend une responsabilité terrible en 
donnant corps à ce bloc réactionnaire, à ce programme commun 
entre la droite dure et l'extrême droite".    
    Sans aborder directement la polémique sur le "burkini", le 
Premier ministre a évoqué le thème de la liberté de la femme en 
France : "Marianne a le sein nu, elle n'est pas voilée parce 
qu'elle est libre, c'est ça la République". 
    Sur les dissensions au sein du PS, il a dénoncé "les 
critiques, les attaques outrancières, parfois intolérables, à 
l'égard même du chef de l'Etat ! Je mets en garde contre cette 
surenchère des diviseurs qui n'ont qu'un seul objectif : punir 
la gauche de gouvernement", a-t-il déclaré à l'adresse des 
anciens ministres Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Cécile 
Duflot, très sévères avec le président.   
    "Les Français nous attendent avant tout sur un projet, une 
vision", a conclu Manuel Valls, qui s'est présenté en "Premier 
ministre libre" doublé d'un "militant libre".  
    "Mais nous avons besoin d'inventer, de parler librement aux 
Français, d'ouvrir de nouvelles voies. Sans jamais fuir les 
débats, sans occulter des sujets, même si parfois, la gauche est 
mal à l'aise avec certains", a-t-il souligné.   
    Au chapitre européen, le Premier ministre a demandé à son 
camp de réclamer l'assouplissement du Pacte de stabilité", qui 
prévoit notamment que le déficit public d'un Etat soit inférieur 
à 3% de son PIB. 
    "La gauche européenne, social-démocrate, doit se faire 
entendre davantage sur la relance économique, sur 
l'assouplissement des règles du Pacte de stabilité, pour lutter 
contre le dumping social et la fuite fiscale, sur le dossier des 
travailleurs détachés", a-t-il déclaré. 
    François Hollande s'est vu reprocher de ne pas avoir 
réorienté les règles budgétaires de l'Europe comme il l'avait 
promis pendant sa campagne en 2012, acceptant baisses de 
dépenses publiques et hausses d'impôt pour réduire le déficit. 
 
 (Julie Rimbert, édité par Elizabeth Pineau) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant