2017-Les évêques de France s'invitent dans le débat présidentiel

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    PARIS, 13 octobre (Reuters) - Les évêques de France 
s'alarment de "paroles non tenues", d'ambitions "démesurées" et 
de l'absence de vision à long terme des politiques, dans une 
lettre "aux habitants de notre pays" publiée à six mois de 
l'élection présidentielle de 2017. 
    "Si nous parlons aujourd'hui, c'est parce que nous aimons 
notre pays, et que nous sommes préoccupés par sa situation", 
peut-on lire dans ce texte intitulé "Dans un monde qui change, 
retrouver le sens du politique". 
    "Plus que jamais, nous sentons que le vivre ensemble est 
fragilisé, fracturé, attaqué", soulignent les évêques. "Ce qui 
fonde la vie en société est remis en cause." 
    "Au-delà des échéances politiques à venir où les débats de 
fond risquent toujours de devenir otages de calculs électoraux, 
c'est à une réflexion plus fondamentale sur le politique en lui 
même qu'il nous semble urgent d'inviter."  
    Dans cette lettre de 94 pages, les évêques dressent 
notamment un portrait sans concession des gouvernants, déplorant 
que la parole politique ait "trop souvent été pervertie". 
    "Des ambitions personnelles démesurées, des manoeuvres et 
calculs électoraux, des paroles non tenues, le sentiment d'un 
personnel politique coupé des réalités, l'absence de projet ou 
de vision à long terme, des comportements partisans et 
démagogiques (...) sont injustifiables et devenus 
insupportables". 
    Conséquence, l'"autorité de l'Etat se disqualifie peu à peu" 
et le contrat social "ne semble plus aller de soi", 
écrivent-ils. 
    "Les valeurs républicaines de 'liberté, égalité, fraternité' 
souvent brandies de manière incantatoire semblent sonner creux 
pour beaucoup de nos contemporains sur le sol national", 
observent-ils.    
    Quant à la question de la laïcité, qui a refait surface cet 
été avec la polémique autour du burkini, les évêques mettent en 
garde contre "un projet de société qui envisagerait une sorte de 
neutralisation religieuse de cette société en expulsant le 
religieux de la sphère publique, vers le seul domaine privé où 
il devrait rester caché". 
 
 (Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse) 
 
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