2015-Le crédit restera attractif dans un environnement compliqué

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* Retour en force de la catégorie IG * 2015 verra les politiques monétaires diverger * La "répression financière" continuera, selon Allianz GI par Raoul Sachs PARIS, 28 novembre (Reuters) - La dette des entreprises en euro conservera son rang de classe d'actifs performante en 2015 dans un environnement de taux d'intérêt appelés à rester très bas mais les investisseurs devront naviguer, pour la première fois en sept ans de crise, entre des politiques monétaires divergentes, source de retour de la volatilité. Alors que les Etats-Unis redeviennent, à l'aube de la nouvelle année, le moteur d'une croissance mondiale au demeurant molle, la Réserve fédérale américaine va chercher à "normaliser" sa politique monétaire via un relèvement des taux courts après avoir mis fin en octobre à son programme d'"assouplissement quantitatif" (QE). A l'inverse, la Banque centrale européenne, confrontée à une zone euro anémiée et au risque de déflation, devrait, comme la Banque du Japon l'a fait récemment, prendre le relais de la Fed et se doter d'un véritable QE qui consiste à acheter massivement des actifs financiers, emprunts d'Etat, dette corporate ou obligations adossées à des créances de bonne qualité (ABS) pour tenter de relancer l'économie et l'inflation et favoriser la prise de risque. Si la plupart des stratégistes ou responsables de l'allocation d'actifs des maisons de courtage ou de gestion n'en concluent pas pour autant à une remontée brutale des taux américains ni à un risque de krach obligataire, ils estiment que la divergence des politiques monétaires sera source de volatilité. "Quand le front froid de certaines banques centrales entrera en collision avec le front chaud des autres, il faudra s'attendre, à beaucoup plus d'orages sur les marchés que ce qu'on a pu voir ces dernières années", écrivent les stratégistes de Credit Suisse dans leurs perspectives 2015. "Nous nous attendons à ce que la divergence des taux courts entre les régions s'approfondisse et à ce que le dollar continue de s'apprécier contre la plupart des devises", soulignent-ils en ajoutant que les marchés du crédit vont devenir plus volatils mais vont surperformer. Les obligations de la zone euro, toutes catégories confondues, ont enregistré à quatre semaines de la fin de l'année une performance de près de 10% "total return" (rendement et gains en capital), mesurée par l'indice Barclays Euro Aggregate. Parallèlement, l'indice CAC 40 "total return" .PX1GR (rendement du dividende et gain en capital) progresse lui de 4,84% et le DAX .GDAXI de Francfort de 1,99%. "DES PAS DE BÉBÉ" Le crédit corporate euro mesuré par les indices Barclays donne une performance de 7,76% et de 8,2% hors financières. Les obligations de la catégorie spéculative (High Yield, HY) qui ont été ces dernières années les vedettes face à des liquidités surabondantes en mal de rendement, ont marqué le pas au second semestre avec une performance de 6,52%. Allianz Global Investors et d'autres grandes sociétés de gestion, comme Amundi ou State Street Global Advisors, estiment que les taux, tombés à des plus bas historiques en 2014 et même passés négatifs sur des maturités courtes (-0,04% sur le deux ans allemand), vont rester très bas en Europe et aux Etats-Unis même si la tendance est au resserrement de la politique monétaire de la Fed. "La Fed veut normaliser ses taux mais elle va avancer à pas de bébé. Elle ne souhaite pas sacrifier la croissance encore fragile", estime Bill Street, responsable de l'investissement Europe chez State Street GA qui table au plus sur une hausse de 50 points de base des taux fed funds en deux fois vers la fin 2015. Aussi bien Bill Street qu'Andreas Utemann, responsable mondial de l'investissement chez Allianz GI, s'attendent à une poursuite de la "répression financière" en 2015 avec des taux réels sans risque proche de zéro, voir négatifs, ce qui favorise les actifs risqués, actions et aussi obligations corporate. Avec des taux de défaut historiquement bas (2% à 3% sur le HY selon Moody's ID:nLLN0SW6AJ ), ces obligations attirent les investisseurs à la recherche de rendement mais soucieux de protéger leur capital. Une préoccupation qui a été une aubaine au second semestre pour les émetteurs bien notés, qui ont bénéficié de conditions de marché exceptionnellement favorables pour se refinancer et/ou alléger leur bilan. Benoît Duret, responsable de l'origination obligataire corporate France, Belgique, Luxembourg chez RBS, cite entre autres l'exemple de Total TOTF.PA qui a émis en septembre 1,5 milliard d'euros à 15 ans avec un coupon de 2,125%, le plus bas jamais obtenu sur cette maturité par un émetteur noté "AA-"/"Aa1" (Moody's). Les émissions IG non financières atteignent en cette fin novembre 230 milliards d'euros et se rapprochent du record de 2009 (250 milliards), a-t-il ajouté. Si le HY a marqué le pas au second semestre, ce segment du marché obligataire en euro a gagné en maturité. "A fin novembre, l'encours a atteint quelque 300 milliards d'euros, soit six fois sa taille de 2009", selon Juan Valencia, stratégiste crédit chez Société générale. Les émissions brutes (73,0 milliards d'euros au 21 novembre) dépassent le record de 2013 (69 milliards). Moody's prévoit en 2015 un volume d'émissions HY proche de celui de 2014. Si la prime de risque ou "spread" s'est tendue récemment sur le HY, elle s'est fortement resserrée par rapport à son niveau de la fin 2013. (Edité par Dominique Rodriguez)


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