2014: la France engagée sur plusieurs fronts

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2014 PONCTUÉE PAR DES INITIATIVES DIPLOMATIQUES ET DES OPÉRATIONS MILITAIRES MULTIPLES POUR LA FRANCE
2014 PONCTUÉE PAR DES INITIATIVES DIPLOMATIQUES ET DES OPÉRATIONS MILITAIRES MULTIPLES POUR LA FRANCE

par Marine Pennetier

PARIS (Reuters) - La France a multiplié initiatives diplomatiques et opérations militaires en 2014, un activisme jusqu'à présent plutôt bien perçu par les Français et qui continue d'offrir une bouffée d'oxygène à un François Hollande malmené sur le plan intérieur.

La France "ne peut pas rester indifférente ou spectatrice" face aux crises internationales, a déclaré fin août le chef de l'Etat lors de la traditionnelle conférence des ambassadeurs qui fixe chaque année le cap de la diplomatie française.

"Tel est le sens de notre politique extérieure: agir pour la paix et la sécurité du monde", a-t-il ajouté.

Après une année 2013 marquée par les interventions au Mali et en Centrafrique, François Hollande a poursuivi sur sa lancée.

En juillet, il inscrit l'action militaire française en Afrique dans la durée en lançant officiellement l'opération antiterroriste Barkhane qui mobilise plus de 3.000 militaires français dans la bande sahélo-saharienne.

En septembre, il engage l'armée française sur un nouveau front, cette fois-ci au Moyen-Orient, en participant à la coalition internationale emmenée par les Etats-Unis contre l'organisation Etat islamique (EI) en Irak.

Et si pour l'heure la France écarte toute intervention militaire en Libye, plongée dans la violence et minée par les divisions politiques depuis trois ans, elle observe de près la situation dans le sud libyen, base arrière des djihadistes du Sahel et "sujet de préoccupation majeur" pour Paris.

CONTEXTE BUDGÉTAIRE TENDU

Globalement soutenu par la classe politique et l'opinion, cet activisme militaire n'en a pas moins suscité des inquiétudes sur le risque d'enlisement des forces françaises dans un contexte budgétaire déjà tendu.

Les opérations militaires extérieures (Opex) de la France vont coûter 605 millions d'euros de plus que prévu en 2014, soit un total avoisinant 1,1 milliard d'euros.

Tout en poursuivant ses opérations militaires, dont le bilan en RCA et au Mali est en demi-teinte, Paris a réaffirmé sa volonté de tourner la page de la France "gendarme de l'Afrique", insistant sur l'indispensable coopération des Etats africains entre eux en matière de lutte contre le terrorisme.

"Il faut faire de la coopération la règle et non plus l'exception", a une nouvelle fois déclaré le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian mi-décembre à Dakar. "Une gestion strictement nationale des enjeux de sécurité est une illusion".

En choisissant de se concentrer sur le Golfe arabo-persique et la bande sahélo-saharienne, la France s'est dans le même temps désengagée de certaines opérations extérieures.

2014 a ainsi été marquée par le départ des derniers militaires français d'Afghanistan, après 13 ans de présence française dans le pays au sein la force de l'Otan, et du Kosovo, où la France était engagée depuis 1999.

JOUER LES INTERMÉDIAIRES

Sur le plan diplomatique, la France a joué la carte de la médiation dans la crise israélo-palestinienne et le conflit russo-ukrainien.

Après l'émotion suscitée début juillet par un communiqué dans lequel François Hollande passait sous silence la mort de civils palestiniens dans la bande de Gaza, le chef de la diplomatie Laurent Fabius a multiplié dans les semaines qui ont suivi les déplacements et les appels au cessez-le-feu. En vain.

Dernière initiative en date, sur fond d'appel du Parlement à la reconnaissance de l'Etat palestinien, la proposition de Paris d'accueillir une conférence internationale pour accompagner la reprise des négociations entre les deux parties, gelées depuis le printemps.

Dans le dossier ukrainien, la France a cherché à jouer les intermédiaires pour tenter de dialoguer avec une Russie visée par des sanctions américaines et européennes depuis son annexion de la Crimée au printemps.

François Hollande a notamment organisé une rencontre entre Vladimir Poutine et le président ukrainien Petro Porochenko en marge des cérémonies du débarquement le 6 juin en Normandie et a rendu une visite surprise au président russe début décembre.

Un entretien au cours duquel la question de la livraison des navires de guerre Mistral, qui empoisonne depuis un an les relations entre Moscou et Paris, a été soigneusement évitée.

Paris considère toujours que les conditions ne sont pas réunies pour les livrer à la Russie, accusée par l'Occident d'aider les rebelles pro-russes qui contrôlent une partie de l'est de l'Ukraine.

Dernier front sur lequel la France est engagée, le climat. Paris accueillera en décembre 2015 la conférence qui vise à déboucher sur un accord mondial de lutte contre le réchauffement climatique et qui sera selon Laurent Fabius "le principal évènement diplomatique de l'année."

A un an de l'échéance, le chef de la diplomatie française a reconnu qu'il resterait "beaucoup à faire à Paris" après le compromis obtenu lors de la conférence de Lima ce mois-ci.

Enfin, la libération début décembre de Serge Larazevic, dernier otage français détenu dans le monde, a permis de terminer l'année diplomatique française sur une note positive contrairement à 2013, assombrie par l'annonce de l'exécution de Philippe Verdon et l'assassinat des deux journalistes de RFI Ghislaine Dupont et Claude Verlon au Mali.

(Edité par Yves Clarisse)

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  • frk987 le mardi 23 déc 2014 à 10:35

    La politique extérieure, le français moyen s'en contre tape, aller maintenir l'ordre dans les tribus africaines alors qu'on est incapable de maintenir l'ordre dans les banlieues françaises frise le RIDICULE. Lutter contre l'Islamisme en Irak c'est RIDICULE sachant qu'on est incapable de le résoudre en France.