2014, l'année Marine Le Pen dans l'arène politique

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2014, L'ANNÉE MARINE LE PEN DANS L'ARÈNE POLITIQUE
2014, L'ANNÉE MARINE LE PEN DANS L'ARÈNE POLITIQUE

par Gérard Bon

PARIS (Reuters) - 2014 a été l'année de Marine Le Pen sur le plan politique grâce aux succès engrangés aux élections municipales et, surtout, européennes, qui lui permettent de présenter le Front national comme le premier parti de France.

Quatre ans après avoir succédé à son père, la présidente du FN récolte les fruits de sa stratégie de "dédiabolisation" et vise sans complexe une qualification pour le second tour de la présidentielle de 2017.

"Il ne fait plus de doute pour personne que nous serons au deuxième tour de la présidentielle de 2017!", a-t-elle lancé lors d'un congrès en forme de consécration fin novembre à Lyon.

"Ses chances de figurer au second tour sont bien réelles", souligne le chercheur Jean-Claude Camus, spécialiste de l'extrême droite, alors que la chef de file du FN émerge en tête des intentions de vote du premier tour.

Aux yeux des Français, Marine Le Pen est en tout cas la personnalité qui a le plus marqué l'actualité politique, devant Manuel Valls et Nicolas Sarkozy, selon un sondage réalisé par OpinionWay pour Metronews, CLAI et LCI publié le 15 décembre.

Elle apparaît en outre comme la meilleure opposante à François Hollande.

La victoire du FN, arrivé en tête aux européennes de mai avec 24,86%, est également considérée comme l'événement politique le plus marquant de l'année, à en croire une autre enquête, Ifop-Fiducial pour Sud radio.

"Nous n'imaginions pas aller aussi vite et aussi loin", a dit la présidente du FN à Lyon.

Le chroniqueur politique Alain Duhamel a prédit sur RTL que 2015 serait "de nouveau une année Marine Le Pen" avec les élections départementales et régionales.

Le parti frontiste pourrait en effet profiter de la réforme territoriale voulue par l'exécutif pour ravir une grande région, en l'occurrence le Nord-Pas-de-Calais-Picardie.

"IL NE FAUT PAS L'ENTERRER"

"Ce serait la cerise sur le gâteau", dit Jean-Claude Camus, soulignant que le FN "est assuré d'être sur une pente ascendante" avec "un président socialiste au plus bas et une droite qui s'écharpe".

Le parti ne dispose que de deux députés depuis les élections législatives de 2012, et de deux jeunes sénateurs élus en septembre, mais il dirige désormais une dizaine de villes et compte 1.544 conseillers municipaux et 118 conseillers régionaux.

Cet afflux d'élus lui permet d'oublier l'écueil des 500 parrainages nécessaires à une candidature à l'Elysée et qui avait longtemps pollué les campagnes de Jean-Marie Le Pen, puis celle sa fille en 2012.

Même si la chef de file du FN ironise sur ses adversaires, l'ancien président de la République et le nouveau qui "se bagarrent pour savoir qui montera sur la deuxième marche", rien n'est acquis dans un pays riche en rebondissements politiques.

Marine Le Pen juge elle-même François Hollande plus fin que l'image qu'on en donne et plus solide. "Il ne faut pas l'enterrer", a-t-elle confié fin novembre à L'Opinion.

La présidente du FN n'exclut toujours pas une dissolution de l'Assemblée nationale avant le scrutin présidentiel et se dit prête à entrer à Matignon, "pour aller faire le bras de fer".

Mais le parti fondé par Jean-Marie Le Pen, devenu président d'honneur, présente toujours des faiblesses en vue d'une bataille de second tour, qu'il s'agisse d'un manque de cadres ou de l'état de ses finances.

Le recours à emprunt de neuf millions d'euros auprès d'une banque russe a prêté le flanc aux critiques de ses adversaires, qui y voient un lien avec ses positions pro-Russie.

Pour poursuivre la conquête méthodique de nouveaux électeurs, Marine Le Pen sait qu'elle doit élargir son discours au-delà des thèmes habituels de l'immigration et de la sécurité.

Des conseillers s'efforcent donc de muscler le programme économique du parti, qui ne peut se limiter à la sortie de l'euro ou à l'élargissement de l'impôt.

(Edité par Yves Clarisse)

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  • dratiser le lundi 22 déc 2014 à 17:52

    lol........quelles co..... on doit lire ici des lois pour eliminer les terroristes on peut les mettre au coin aussi , ou leur mettre un pv ....

  • mlemonn4 le lundi 22 déc 2014 à 17:47

    Mais droite et gauche ont semé depuis 40 ans le résultat prévisible des prochaines élections; puis il est grand temps defaire un grand coup de balai et de mettre aux rancards tous ces politicards affairistes de droite et gauche qui ont construit cette république bananière des copains coquins ey qui ont vécu sur le dos du citoyen ontribuable depuis beaucoup trop longtemps avec des résultats de pis en pis! ils ont voulu l'Europe, leur Europe de catses de privilégiés; ils vont en payer le prix!

  • bernm le lundi 22 déc 2014 à 17:35

    Le plus drole, ils n'ont rien eu a faire, le PS fait tout pur que le FN monte.

  • Berg690 le lundi 22 déc 2014 à 17:30

    Sortir de l'€et de l'UE