14-18 : tricote-moi la Première Guerre mondiale

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Version préparatoire de l'un des poilus de la Wool War One.
Version préparatoire de l'un des poilus de la Wool War One.

À première vue, rien à signaler. Le soleil du Nord fait de brusques éclaircies sur le bitume encore trempé de la dernière averse. Un vélo passe. Des gamins cavalent. Une rue de Lesquin paisible, à l'image de cette ville résidentielle de la banlieue lilloise. On ne jurerait pas qu'une guerre se prépare là, dans un ancien corps de ferme niché entre deux maisons. Et pas n'importe quelle guerre : la Grande, celle qui devait être "la der des ders". Cela, sous la houlette d'Anna, la quarantaine mais un air de jeune fille dans son grand gilet rose et bleu, le visage rond, le regard clair. Elle traverse les grandes pièces en enfilade, fume, offre du café, houspille sans conviction le labrador Dexter qui dévaste méticuleusement les pavés de la cour. Et raconte, avec une pointe d'accent ch'ti, l'entreprise démesurée, dérisoire, un peu dingue, qu'elle a lancée début janvier. En gros : tricoter la Première Guerre mondiale. Des milliers de petits soldats en laine, des poilus bleu horizon, des tirailleurs sénégalais, des Allemands, des Anglais, des Canadiens, en route vers la même boucherie. Moins hauts que trois pommes, sans yeux et sans armes, fabriqués avec le concours de centaines de femmes qui, en ce moment même, s'activent aux quatre coins du monde à leur constituer un attirail lilliputien : des vareuses et des ceintures, des casques, des bottes et des sacs à dos. Démesuré, donc. Dérisoire. Un peu dingue. "Tricote ton affaire DSK" Le projet,...

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