13 Novembre, le programme de recherche inédit sur la mémoire des attentats

le , mis à jour à 11:22
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13 Novembre, le programme de recherche inédit sur la mémoire des attentats
13 Novembre, le programme de recherche inédit sur la mémoire des attentats

13 Novembre. Derrière la sobriété de l'appellation se cache un programme de recherche hors du commun, coordonné par le CNRS et l'Inserm, l'un des plus ambitieux à ce jour. Un programme à la hauteur de la tragédie représentée par les attaques terroristes de l'automne dernier à Paris et à Saint-Denis et dont notre journal est partenaire.

L'historien Denis Peschanski, directeur de recherche au CNRS, et le neuropsychologue Francis Eustache, directeur de l'unité de recherche de l'Inserm à Caen, coordonnent une série d'études échelonnées sur douze ans. Près de trois cents chercheurs de tous horizons disséqueront la manière dont se construit la mémoire d'un drame « traumatisant au-delà de l'imaginable », comment elle évolue au fil du temps et comment elle est influencée. « Il s'agit de comprendre l'interaction entre mémoire individuelle et collective », résume Denis Peschanski.

 

Entre deux extrêmes

 

Celle-ci se fraie un chemin entre deux extrêmes, l'expérience intime et l'épreuve nationale. Mémoire dans la peau des victimes blessées par des balles. Souvenir dans les yeux des pompiers ou des policiers marqués à jamais par ce que l'un d'eux a appelé « l'enfer de Dante ». Images indélébiles relayées par les médias à chaque avancée de l'enquête. Hommages internationaux venus de Washington ou de Moscou. Le neuropsychiatre Boris Cyrulnik décrit bien cet ensemble qui forge la mémoire traumatique : « une image claire étonnamment précise, entourée de perceptions floues, une certitude enveloppée de croyances »*. Le programme 13 Novembre doit permettre de comprendre comment « la marque de l'épreuve » s'est inscrite dans la France contemporaine.

 

Mille personnes interrogées

 

« Pour cela, mille personnes seront interrogées lors d'entretiens filmés à quatre reprises : aujourd'hui, puis dans deux, cinq et dix ans », précise Francis Eustache. Ces volontaires seront ...

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