11e arrondissement : le jour d'après

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11e arrondissement : le jour d'après
11e arrondissement : le jour d'après

« Pas de selfies, s'il vous plaît ! » C'est dit sur un ton courtois mais ferme et, visiblement, le policier a du mal à comprendre ce qui pousse certains badauds à se mettre ainsi en scène. D'autant qu'on ne voit rien, ou presque. Pas question de s'approcher du Bataclan, ceinturé par les voitures de police ; les curieux sont refoulés à l'autre extrémité du boulevard Richard-Lenoir. Et de là, on ne voit à peu près rien des lieux du crime, largement dissimulés par le terre-plein arboré : tout juste la façade aux tons pastel, et l'auvent noir sous lequel s'agitent des ombres.

Trois groupes humains se frôlent dans cette foule tenue à distance par les policiers. Des curieux qui oscillent entre voyeurisme et recueillement, des gens du quartier qui semblent chercher à évacuer la peur rétrospective au contact de leurs semblables, et des journalistes qui vont des uns aux autres en quête de témoignages. Les demandes se succédant, un couple de retraités doit ainsi raconter plusieurs fois qu'il est passé devant la salle de concert une demi-heure avant le drame et que si les tueurs avaient déboulé plus tôt... Rien de fracassant, mais, faute de mieux, les nombreuses télévisions étrangères s'en contentent et le seul fait de parler semble apaiser les angoisses du duo.

Une jeune fille erre comme une âme en peine

Dans cette atmosphère presque ouatée tant la retenue s'impose, une jeune fille erre comme une âme en...

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