10 à 12 ans de prison requis contre l'ex-entraîneur Camaret

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LYON (Reuters) - L'accusation a requis vendredi de 10 à 12 ans de prison contre Régis de Camaret, ex-entraîneur de nombreuses championnes françaises de tennis, dont Isabelle Demongeot et Nathalie Tauziat, accusé de viols sur des joueuses alors mineures.

Plus d'une vingtaine de ses anciennes élèves l'accusent devant la cour d'assises du Rhône d'attouchements sexuels et de viols à répétition entre 1977 et 1989, mais deux cas seulement ont été retenus, ceux de Karine Pomarès et de Stéphanie Carrouget, 36 ans, les autres étant prescrits.

Agé de 70 ans, Régis de Camaret, qui admet certaines relations sexuelles mais parle de gestes consentis, encourt 20 ans de réclusion. Le verdict est attendu dans la soirée.

L'affaire est partie d'une plainte déposée par l'ex-numéro deux du tennis français Isabelle Demongeot en 2005.

"Que d'enfants, que d'adolescentes brisées, que de rêves détruits, que de femmes en détresse après tant d'années, que de blessures qui ne se refermeront peut-être jamais", a dit l'avocat général de la cour d'assises du Rhône.

"Karine Pomarès, elle avait 13 ans, et lui 47 ans" a ajouté Jacqueline Dufournet. "Et il assure qu'elle le draguait."

Elle a aussi pris en exemple Stéphanie Carrouget, qui avait 12 ans à l'époque des faits présumés.

Jacqueline Dufournet a dénoncé la position de Régis de Camaret, qui s'est évertué pendant son procès à nier les faits, ou à reconnaître, du bout des lèvres, des caresses innocentes.

"AUCUNE COMPASSION"

"Si elles étaient aussi délurées qu'il le dit, alors pourquoi auraient-elles tant souffert ?", a-t-elle demandé en dénonçant un "mauvais système de défense".

L'avocat général s'est appliqué à démonter la théorie du complot présenté par l'entraîneur, qui laisse entendre qu'Isabelle Demongeot aurait voulu se venger et entraîner les anciennes joueuses dans son sillage.

"Ces filles sont venues au club à des époques différentes, sur une période de dix ans, elles ne sont pas de la même génération, elles ne se connaissent pas et pourtant, elles disent la même chose", a-t-elle constaté.

Jacqueline Dufournet a estimé que Régis de Camaret, qui a suivi impassible le réquisitoire depuis le box des accusés, n'avait "aucune compassion, aucune empathie pour les victimes".

"Dans la solitude de sa prison, j'espère qu'il entendra enfin la souffrance de ses victimes", a-t-elle conclu.

Les avocats de la défense demandent l'acquittement au bénéfice du doute.

La comparution de Régis de Camaret intervient après un chemin judiciaire semé d'embûches. La cour d'appel d'Aix-en-Provence avait prononcé un non-lieu en 2009, une décision invalidée en 2011.

Catherine Lagrange, édité par Yves clarisse

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