1.600 postes supprimés dans le démantèlement de ST-Ericsson

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DÉBUT DU DÉMANTÈLEMENT DE ST-ERICSSON
DÉBUT DU DÉMANTÈLEMENT DE ST-ERICSSON

par Cyril Altmeyer et Leila Abboud

PARIS (Reuters) - L'équipementier télécoms suédois Ericsson et le fabricant de semi-conducteurs franco-italien STMicroelectronics (STM) ont annoncé lundi le démantèlement de ST-Ericsson, leur coentreprise dans les puces, ce qui se traduira par la suppression de 1.600 postes dans le monde, la France étant cependant quasiment épargnée sur le plan social.

Après avoir tenté sans succès de vendre leur filiale, les deux groupes ont décidé de se partager certaines activités de ST-Ericsson - qui n'a jamais dégagé de bénéfices depuis sa création en 2008 - et de fermer celles jugées non rentables.

ST-Ericsson a pâti des difficultés du son principal client, le fabricant de téléphones Nokia, de la concurrence féroce en Asie et de la tendance de groupes comme le sud-coréen Samsung à fabriquer leurs propres puces.

Le suédois Ericsson reprendra la conception, le développement et la vente des puces liées au modem multimode LTE, tandis que STM récupérera les autres activités ainsi que certaines installations de tests et d'assemblage, précisent les deux groupes dans un communiqué commun.

Après la séparation, Ericsson devrait reprendre environ 1.800 salariés et sous-traitants, et STM environ 950 personnes principalement en France et en Italie.

Le reste de la division, qui comptait au total 4.450 salariés dans le monde avant la décision, sera fermé. Entre 500 et 700 postes seront supprimés en Europe, pour l'essentiel en Suède, et aucune usine ne sera fermée. Selon STM, l'impact sera "quasi nul" sur les emplois en France.

"Tous les scénarios possibles ont été envisagés mais l'option annoncée aujourd'hui a toujours été une possibilité réelle", a déclaré Carlo Bozotti, PDG de STM lors d'une conférence téléphonique.

A la suite de cette annonce, l'action STM s'adjugeait 3,9% à 6,113 euros vers 11h25, en tête des hausses du CAC 40 à la Bourse de Paris, tandis qu'Ericsson cédait 1,8% à la Bourse de Stockholm.

Carlo Ferro, actuel directeur général délégué de ST-Ericsson, en deviendra le PDG à compter du 1er avril, en remplacement de Didier Lamouche, qui a annoncé lundi dernier sa démission.

STM prévoit de supporter entre 350 et 450 millions de dollars (270-350 millions d'euros) liés aux coûts de restructuration et de fermeture, soit un peu moins que le montant de 500 millions de dollars avancé en janvier.

"Les coûts de restructurations supportés par STM (...) sont inférieurs à ce qui était anticipé (500 millions maximum) ce qui explique en partie la hausse du titre. La réintégration des activités Wireless devrait générer un chiffre d'affaires significatif", souligne Max Kamir, vendeur actions chez Louis Capital Markets.

"STM voulait vendre la JV ST-Ericsson, source de pertes significatives. En l'absence de repreneur, ST et Ericsson démantèle leur JV. Le marché apprécie ce type d'actes de bonne gestion et pousse fortement sur STM", observe de son coté Christian Jiminez, président de Diamant Bleu Gestion.

Ericsson a passé 3,3 milliards de couronnes suédoises (environ 380 millions d'euros) de provisions dans ses comptes 2012 au titre de la réorganisation de ST-Ericsson.

L'opération ne donne lieu à aucune transaction financière entre les deux partenaires.

Avec la contribution d'Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Jean-Michel Bélot

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